mardi 9 juin 2026

La sensibilité à l'art : être aux aguets

 



Nous parlions de la sensibilité à l’art. Nous avons oublié d'évoquer peut-être l’essentiel : l’attitude à adopter lors de cette confrontation à l’art.
L'idée force est qu'il faut être prêt à s’exposer à cette altérité qu'est l'oeuvre et à ce qu'elle renvoie. Il faut être ouvert, aux aguets. Voilà, sans doute, une des clefs essentielles : confronté à une oeuvre d'art,  « tout mon être se tait et écoute ».


samedi 6 juin 2026

Aucun autre choix (No Other Choice de C. Park, 2025)

 



Dans cette adaptation du Couperet de Donald Westlake, Park Chan-wook s’approprie complètement le roman de départ en lui donnant une particularité coréenne qui passe très bien, autour de cet univers du papier et des traditions industrielles qui sont bousculées. Avec sa caméra exubérante et sans cesse teintée d’humour et d’ironie noire, le réalisateur s’en donne à cœur joie. Moins violent et trash que par le passé, on retrouve néanmoins par moments cette pulsion sanglante et morbide qui s’exprime, presque en mode mineur, le réalisateur évoquant plus qu’il ne montre (quand, par le passé, il n’hésitait pas à montrer bien davantage).
Bien plus attrayante et aboutie que dans le pâle film de Costa-Gavras, la virtuosité du réalisateur éclabousse cette ample, foisonnante et amusante adaptation.

 

lundi 1 juin 2026

Monkey Man (D. Patel, 2024)

 



Film décevant de Dev Patel qui avait pourtant une idée de départ (son personnage masqué de Monkey Man qui combat la nuit et vit une autre vie le jour et fait s’entremêler les deux), mais il n’en fait pas grand-chose. Le scénario devient très vite d’une banalité affligeante et la réalisation est rapidement pénible. C’est que Patel s’ingénie à filmer les combats en faisant bouger sa caméra dans tous les sens quand, dans les moments calmes, l’image s’apaise : cette tentative de faire correspondre fond et forme s’avère d’une banalité confondante. Mais la caméra tressaute, tourne et se retourne tellement quand Monkey Man se bat que l’on en vient à attendre que la séquence s’achève tant cela est insupportable. Las, Patel fait durer les scènes d'action encore et encore, nous gratifiant d'interminables séquences d’affrontements (souvent bien peu crédibles mais c’est encore un autre problème).
Et quand on comprend au fur et à mesure du film que toute la petite manigance de Monkey Man est destinée à se venger, on désespère un peu : Patel ira-t-il jusqu’à nous imposer son affaire de vengeance jusqu’au bout ou bien fera-t-il montre d’un peu de retenue en se souvenant des grands romans (Monte-Cristo) ou des grands films (L’Homme de la plaine) qui, à travers le thème du pardon, ont depuis longtemps montré que la vengeance n’apaisait pas ? Mais le réalisateur n’hésite pas : la vengeance ira jusqu’au bout sans hésiter et ce n’est pas le trépas final qui sauvera le personnage, personnage qui s’avère finalement insipide et banal, tout comme le film d’action qui le met en scène.