Belle réussite de Serge Leroy que cette
plongée au cœur d’une chasse qui tourne mal. Le film doit beaucoup à l’ambiance
oppressante, humide et glauque qui envahit peu à peu le film. On sent de façon
impalpable d’abord – à travers un malaise qui grandit –, puis de plus en plus
nette, le drame qui va se jouer dans cette partie de chasse entre copains. Les
relations sont à la fois amicales et tendues, avec les frères Danville trop
brutaux, David Sutter trop visqueux, Rollin trop servile : d’emblée rien
n’est simple et amical, tout est faux et l’on sent combien cet équilibre ne
tient qu’à un fil. Ce sera de croiser la route de la jeune Anglaise (Mimsy Farmer)
qui fera plonger la chasse dans l’horreur.
Le film doit aussi beaucoup à ses
interprètes, tous parfaits. Depuis le duo Jean-Pierre Marielle et Philippe
Léotard (impeccables en beaufs grossiers et violents) à Michael Lonsdale (très
à l’aise en propriétaire terrien intéressé et faux) en passant par Jean-Luc Bideau ou Mimsy Farmer, qui est parfaite dans le rôle pas simple de la femme violée et
poursuivie.
La fin, glaciale, clôt le film sans une
note d’espoir et fait se refermer le marais sur lui-même.
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