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jeudi 10 juillet 2025

Le Filmeur (A. Cavalier, 2005)

 



Consistant en un montage en forme de collage de vidéos prises sur le vif par Alain Cavalier au fil des ans (un peu comme une sorte de journal filmé), l’ensemble forme un film qui saisit sur le vif tantôt des moments très personnels – et parfois tout à fait quelconques –, tantôt des moments curieux, un peu poétiques ou décalés. L’ensemble forme une expérience qui renvoie à d’autres films (comme ceux de Jonas Mekas) et procède d’une création expérimentale. Chacun sera alors sensible à l’humeur générale qui émerge de l’ensemble ou bien à des séquences très belles qui ressortent ou bien sera un peu interloqué de voir ces séquences quotidiennes parfois banales mises bout à bout.

 

jeudi 12 mars 2020

Le Plein de super (A. Cavalier, 1975)


 

Alain Cavalier, après des films solides mais assez conventionnels (L’Insoumis), change sa caméra d’épaule et s’éloigne vers les chemins plus libres du cinéma moderne.
Il livre ainsi un film qui respire la liberté entre copains, avec cette rencontre entre quatre hommes qui, le temps d’une virée de quarante-huit heures construite au hasard des rencontres, va peu à peu les souder et créer des liens que l’on sent puissants. Plus que les histoires des uns et des autres, plus que l’imbroglio du départ et l’évolution des rapports entre eux quatre, c’est cet état d’esprit que saisit parfaitement Alain Cavalier et que l’on ressent à l’écran, avec des séquences que l’on sent en partie improvisées, et des acteurs qui, de plus en plus, s’amusent et jouent entre eux. Le titre, au travers de ses différentes significations, montre bien le punch de cet étonnant road-movie et sa joie de vivre qui, peu à peu, dépasse les vies difficiles des uns ou des autres (chômage, garde d’enfant refusée, etc.).
Quand on sait que, après plusieurs autres films construits et filmés avec la même liberté, Alain Cavalier bifurquera à nouveau vers des émotions très différentes (avec Thérèse en particulier), on admire cette capacité à changer du tout au tout, du drame à la légèreté ou de la légèreté au sublime.

 

jeudi 31 août 2017

L'Insoumis (A. Cavalier, 1964)




Alain Cavalier profite d’un bon sujet et d’un très bon Delon. Sur fond de guerre d’Algérie, la trajectoire incertaine de ce déserteur qui trahit la France est un sujet encore largement tabou en 1964.
Alain Cavalier n'a pas encore libéré sa manière de filmer, qui reste ici assez classique, mais sa patiente construction de l'intrigue, l’ambiance de certaines séquences (en particulier dans l’appartement qui sert de lieu de captivité) et le destin tragique habilement noué sont réussis.
Mais c'est le jeu de Delon qui marque l’esprit. Celui-ci use avec brio de son jeu minimaliste, qui convient très bien pour interpréter ce soldat qui, malgré son caractère renfrogné et individualiste, devient de plus en plus fragile. Et tout le talent de l’acteur est de faire évoluer ce personnage du tout au tout par de simples jeux de regards, d’attitudes, de postures et de montrer comment cet élan sûr de lui-même se brise progressivement.


mardi 24 novembre 2015

Thérèse (A. Cavalier, 1986)




Très beau film d’Alain Cavalier, Thérèse est un film sur la grâce, mais non pas sur un instant de grâce, comme on peut le voir chez Rosselini ou Dreyer, mais sur la grâce en action, sans cesse, comme moteur d’une vie. Thérèse est amoureuse de Jésus, voilà tout. Et Cavalier saisit cet amour dans le visage de Thérèse, avec cette façon qu’il a d’irriguer les mille et un gestes du quotidien, pourtant monotones et fastidieux. Cavalier montre très bien comment cet amour total, merveilleuse traduction d’une foi absolue, porte Thérèse, jusqu’à la souffrance et bientôt, malade, aux portes de la mort.
La sobriété du décor (souvent une simple toile peinte au fond avec quelques meubles pour composer une salle à manger ou une chambre), la discrétion de la mise en scène, la douceur de la photo accompagnent le silence des carmélites et leur propension à la souffrance.
Catherine Mouchet est lumineuse : elle est cette enfante amoureuse, illuminée de l’intérieur et toute emplie de grâce.