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jeudi 25 août 2022

Le Hussard sur le toit (J.- P. Rappeneau, 1995)

 



Après le triomphe de Cyrano, Jean-Paul Rappeneau adapte Giono et plonge à nouveau dans le film d’époque en costumes. Las, bien loin de la verve de Cyrano, malgré son application, malgré sa volonté de réalisme (les séquences dans les villages, dans les centres de quarantaines), il manque au Hussard sur le toit un souffle épique, quelque chose qui sorte de l’écran et emporte le spectateur.
Malgré de bonnes séquences et quelques bons jeux visuels (la très belle ellipse finale qui démarre sur le gros plan du regard d’Angelo lorsqu’il voit accourir le mari de Pauline), tout cela manque de saveur. La faute à une réalisation qui manque de force et, surtout, à des acteurs trop quelconques, depuis Olivier Martinez peu convaincant (il dit ses tirades parfois comme au théâtre) jusqu’à Juliette Binoche tout à fait insipide, en passant par Jean Yanne qui est étonnamment mauvais dans ce film. Sa composition contraste même violemment avec celle, très bonne pour le coup, de Pierre Arditi (mais qui n’est présent que dans un petit rôle) : les deux personnages ne peuvent, en fait faire partie du même film, ou disons que leur cohabitation, dans un même film, montre que quelque chose cloche, que le ton n’y est pas.

On notera aussi le court passage – amusant et génial – de l’ami Depardieu, qui n’est même pas crédité au générique.

 


mercredi 18 mars 2020

La Vie de château (J.- P. Rappeneau, 1966)




Premier film de Jean-Paul Rappeneau, La Vie de château déçoit : il faut dire que le film semble hésiter longtemps entre le drame et la comédie avant de sombrer peu à peu dans la comédie lourde, mais sans l’assumer réellement.
Il y avait quelques bonnes idées (notamment celle d’un châtelain indifférent – et lâche – qui s’affirme progressivement) mais elles sont balayées par le ton de plus en plus potache que prennent d’autres personnages (l’officier allemand, le colonel résistant), jusqu’à devenir ridicules.
On a aussi l’impression de voir un peu gâchée une distribution étonnante pour un premier film (avec Catherine Deneuve, Pierre Brasseur ou encore Philippe Noiret à l’affiche).

mercredi 27 novembre 2019

Les Mariés de l'an II (J.-P. Rappeneau, 1971)




Jean-Paul Rappeneau démarre Les Mariés de l’an II avec le ton – burlesque mais trop lourd et bêta – par lequel il avait terminé son film précédent La Vie de château. Le film, ensuite, ne sortira guère de ce qui se veut un enchaînement assez enlevé d’actions et de rebondissements, avec Bebel qui fait son numéro au centre de tout ce petit monde (1).
Mais tout cela ne mène à peu près nulle part : plusieurs personnages ne sont que des faire-valoir idiots, plusieurs scènes sont tout à fait ridicules et ni l’amour ni l’amitié ne sont une seule fois crédibles.
On pense alors à Scaramouche et l’on mesure l’écart entre les deux films, l’un chef-d’œuvre du genre, l’autre succédané qui tourne à vide.



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(1) : Il faut remarquer que, en 1971, Jean-Paul Belmondo a déjà donné une orientation décisive à sa carrière : lui qui avait jusqu'alors tourné avec des réalisateurs brillants (Godard, Truffaut, Melville, Becker, Sautet, De Sica, etc.), dans des films remarquables et au travers de personnages variés, se contentera désormais – et c'est bien dommage – de multiplier des rôles répétitifs et souvent très creux. Il semblera alors laisser de côté son talent, si grand, pour s'en remettre de plus en plus exclusivement à son charisme, tout aussi incontestable.