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mercredi 1 mars 2023

La Loi (J. Dassin, 1959)





Adaptation très quelconque du roman de Roger Vaillant, le film de Jules Dassin ne convainc guère. On n’est guère pris par l’atmosphère du film, qui reste peu immersive, sans cette impression de chaleur et de lenteur (la vie ralentie du Sud de l’Italie écrasé de chaleur) que retranscrit si bien le livre. Il n’est jamais simple de créer une atmosphère dans un film mais Dassin l’a parfaitement fait dans plusieurs polars noirs très réussis (La Cité sans voiles, Les Forbans de la nuit, etc.).
Les personnages non plus ne passionnent guère. Ils restent sans grande épaisseur, Il faut dire que Mariette est bien mal desservie par Gina Lollobrigida. Si l’actrice donne cette sensualité forte au personnage, chaque plan est envahi par son jeu outré, sans cesse aguicheur et d’une provocation faussement naïve. Mais Lollobrigida est alors une star : c’est elle que les spectateurs viennent voir – et non Mariette – et elle est coincée dans un jeu stéréotypé pénible, beaucoup trop expressif et qui a beaucoup vieilli.
Yves Montand fait ce qu’il peut mais son personnage – peut-être le plus intéressant du film – peine à décoller. Et si Pierre Brasseur campe très bien Don César, Marcello Mastroianni – encore jeune et avant qu’il ne devienne la star que l’on sait – est lui aussi trop transparent.

 



lundi 27 août 2018

Les Forbans de la nuit (Night and the City de J. Dassin, 1950)




Très bon film noir de Jules Dassin qui filme avec un mélange de réalisme et de stylisme les bas-fonds de Londres, en suivant les magouilles de Harry, petite frappe du milieu dont la fuite en avant vaine et tragique saute aux yeux dès les premières scènes. Tout le film concourt à nous montrer combien sa recherche du gros coup, celui qui l’installera parmi les caïds respectés de la ville, sera un échec permanent.
Tout son parcours est une fuite en avant : depuis son rejet de la petite vie simple que lui propose Mary (Gene Tierney) à l’hypocrisie avec laquelle il appâte ses proies, en passant par son inconscience face à la violence des mécanismes qu’il déclenche.

Richard Widmark trouve un rôle parfait (proche de celui du Carrefour du la mort de H. Hathaway) : son physique, sa façon de tordre la bouche, de ricaner, de se moquer avec des cris aigus, de se défiler honteusement ou de fanfaronner, font exister parfaitement son personnage.



Dassin construit un film sombre, illustré de fulgurances visuelles – avec une ambiance parfois expressionniste –, de personnages hauts en couleur (avec ces lutteurs au profil patibulaires) et un voile sombre en toile de fond qui convient parfaitement au genre.

lundi 6 août 2018

La Cité sans voiles (The Naked City de J. Dassin, 1948)




Intéressant film noir en ce qu’il est l’une des premières tentatives de filmer avec une forme de réalisme de type documentaire. Jules Dassin, dans plusieurs séquences, centre le film sur New York plus que sur son enquête : il promène sa caméra dans les rues, mélange ses personnages aux passants, change de quartiers, etc. Le film montre ainsi plusieurs facettes de New York, dont certaines sont lointaines de l’image hollywoodienne habituelle. Bien sûr cette façon d’appréhender l’environnement est encore partielle (il y a beaucoup de scènes dans des intérieurs), mais l’idée est là. C'est ainsi que, dans cette façon de sortir du studio et de filmer la ville pour elle-même, La Cité sans voiles fait date.
Il est dommage que le film manque parfois de ressort et qu'une voix off bien inutile alourdisse le propos.
Les dernières séquences, en revanche, avec le taudis du meurtrier et la poursuite qui s’enclenche, sont très réussies.


dimanche 2 décembre 2012

Du rififi chez les hommes (J. Dassin, 1955)




Très bon film de casse français, articulé autour d’un très bon Jean Servais. Jules Dassin s’inspire de Quand la ville dort de J. Huston, dont il reprend le casse de façon précise. Mais, comme dans le film de Huston, le braquage n’est qu’un élément du récit et l’après-braquage est très réussi avec la bande rivale qui veut s’approprier le butin. Et, de même que dans son homologue américain, la fin est très sombre.
On voit combien le film, bien que très réussi, ne parvient pas à se démarquer de l’influence américaine (celle de Huston mais aussi de Siodmak, Litvak, Preminger, Wilder, Daves, etc.). Il faudra tout le style de Melville pour parvenir à s’extirper de ses illustres modèles (et le génie spécifique d’Alain Delon) pour construire un personnage nouveau loin des figures du genre.