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samedi 27 décembre 2025

Les Rois du sport (P. Colombier, 1937)

 



Comédie peu convaincante de Pierre Colombier, construite autour de son duo phare Raimu-Fernandel. Même si quelques séquences sont savoureuses (d’autant qu’à ce duo il faut rajouter le très bon Jules Berry, dans un de ses rôles de méchant cynique qu’il affectionne), dans l’ensemble le film se repose beaucoup trop sur ses acteurs et oublie quelque peu la mise en scène et le scénario dont les errements fatiguent.
Il en ressort un film à l’humour facile et caricatural, bien loin des performances dont sont capables ces acteurs immenses. On en vient alors à ce paradoxe : bien qu’il dispose d’acteurs immenses, le film les sous utilise en les laissant faire leur numéro sans grande saveur.


mardi 7 septembre 2021

Ces messieurs de la santé (P. Colombier, 1934)

 

Immoral à souhait, porté avec un plaisir souverain par Raimu, Ces messieurs de la santé s’amuse avec le spectateur en lui faisant prendre du plaisir aux côté d’un bel escroc, auquel on n’aimerait guère se frotter. C’est là un des jeux du cinéma que, parfois – et peut-être trop rarement –, il s’ingénie à provoquer chez le spectateur une identification pour un personnage que l’on n’aimerait pas croiser tous les jours. Mais voir Raimu partir d’en bas, jouer le faux humble et le faux benêt pour mieux tromper son monde, bidouiller à tout va en tirant toujours plus de ficelles est tout à fait truculent. Bien sûr le trait est acide contre la société, emplie d’arrivistes, d’avares et de prétentieux vides et crispés.
On retrouvera le même angle de vue dans Avec le sourire, aux côtés de Maurice Chevalier, qui donnera lui aussi la part belle à l’escroc, à l’habile, au génie des affaires et des arnaques, qui tricote et détricote à loisir en abusant de la confiance du monde. Ce souffle à la fois frais et satirique rafraichit considérablement, surtout à l’heure où le cinéma français se perd dans un premier degré pénible, une lourdeur sans pareil et, pire que tout, un moralisme prétentieux et hautain. On le savait mais, à l’aune de la fadeur bien pensante d’aujourd’hui, on mesure combien la truculence de Raimu manque au cinéma…