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mercredi 19 juin 2024

Du sang et des larmes (Lone Survivor de P. Berg, 2013)

 



Film de guerre très classique, où Peter Berg ne propose guère plus que les séquences habituelles, avec un déroulement lui aussi déjà bien souvent rencontré. Le réalisateur part sur des bases très caricaturales (les gentils américains cools, les méchants talibans sévères), même s’il adoucit son propos en fin de film (avec les pachtounes qui permettent de montrer des mains tendues entre les peuples), mais tout cela reste très simpliste. Cela dit, là n’est pas le propos : le réalisateur n’a pas de discours particulier sur la guerre, simplement il filme tantôt de l’action avec un soucis de réalisme, tantôt il se fixe sur les visages marqués des soldats. A grands coups de gros plans qui étalent les balafres toujours plus sanguinolentes, l’image cherche à donner un réalisme cru, comme cela se fait bien souvent dans le cinéma actuel.
La réalisation épouse donc les canons modernes avec, en plus de ces gros plans convenus, des ralentis attendus (c’est-à-dire des ralentis que l’on craint de voir survenir et qui arrivent effectivement), quelques accélérations (lorsque les soldats se jettent dans le vide le rythme de la chute joue d’accélération et de décélération), le tout saupoudré de séquences au montage très rapide pour illustrer le cœur violent des combats acharnés. Rien n’est très original, donc, dans ce film de genre qui raconte bien peu de choses et ne montre rien que des images vues et revues.



dimanche 22 janvier 2017

Deepwater (Deepwater Horizon de P. Berg, 2016)





Film catastrophe qui cherche à éviter la surenchère habituelle du genre en limitant à la fois les moments d’émotions sirupeux et les moments héroïques caricaturaux.
En un sens le film réduit le genre à sa plus simple expression : la survenue d’une catastrophe (ici une explosion sur une plate-forme pétrolière) qui touche les protagonistes qui réagissent comme ils peuvent.
Mais, ce faisant, le film montre par là même les limites du genre : il se passe bien peu de choses et rien n’est surprenant. Peter Berg a bien l’intelligence de prendre son temps et de tendre la situation avant de déclencher ses explosions mais c’est à peu près tout.
Les indications répétées (à la fois en intertitres mais aussi dans les séquences de génériques qui débutent et achèvent le film) cherchant à enraciner l’histoire dans le réel (cet accident est effectivement survenu en 2010) ne parviennent pas à éviter une plate caricature : l’accident est dû aux représentants de BP (la compagnie qui exploite la plate-forme), impatients de lancer le pompage et qui se révèlent agressifs et cyniques. Les ouvriers de la plate-forme, qui subissent et s’entraident, sont eux des « héros ordinaires », pères au foyer, simples et aimables. On se retrouve donc avec les bons contre les méchants, ce qui reste d’un conventionnel hollywoodien décevant.