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samedi 2 juillet 2022

Les Affaires sont les affaires (J. Dréville, 1942)




Construit autour de la figure impitoyable de Isidore Lechat, patriarche affairiste qui étend sans cesse ses tentacules, le film avance inéluctablement vers la tragédie. Alors qu’il écrase, manipule ou balaie d’un revers de main ceux auxquels il est confronté, c’est par ses enfants – les seuls qui peuvent émouvoir quelque peu son cœur insensible – que les manigances tous azimuts de Lechat vont être foudroyées.
Ce film magnifique vaut pour ce regard acerbe sur le monde sans pitié des affaires lié à cette tension tragique. Et, bien sûr, par le jeu admirable de Charles Vanel qui compose un personnage balzacien à souhait.


On notera avec curiosité que Isidore Lechat rejoint Raimondeau l’aîné, dans La Ferme du pendu, réalisé peu de temps après par le même Jean Dréville et campé, là aussi, et avec le même brio, par Charles Vanel. Et Raimondeau rejoint Lechat, non seulement par son emprise sur la famille, mais aussi par son destin tragique avec, en ce qui le concerne, une issue tout à fait similaire.


mercredi 1 juin 2022

La Ferme du pendu (J. Dréville, 1945)

 



Remarquable drame paysan, très noir et sans concession sur le monde rural qu’il décrit. Construit autour d’un héritage cadenassé par le fils ainé et perturbé sans cesse par les frasques d’un autre frère, Jean Dréville fouille le dessous du monde paysan. Avec François qui s’accroche au legs du père et Grand Louis qui convoite sans cesse les femmes qu’il croise, on pense à La Terre de Zola, Dréville apposant sur ce monde le même regard brutal et sans fard.
L’interprétation est remarquable avec Charles Vanel exceptionnel dans l’intensité de son jeu de même qu’Alfred Adam en frère lubrique. Et l’on croise même le jeune Bourvil qui en vient à chanter Les Crayons au détour de la séquence de mariage.



lundi 15 novembre 2021

Retour à la vie (A. Cayatte, H.- G. Clouzot, G. Lampin, J. Dréville, 1949)





En s’appuyant sur un thème classique (le retour au pays de soldats après des années d’absence), ce film à sketchs montre une unité assez remarquable, tout en parvenant à traiter des situations différentes et des tons différents. Les deux premiers sketchs (respectivement de André Cayatte et Henri-George Clouzot) sont les plus réussis : ils donnent un regard très sombre sur ce retour au pays.
Le Retour de Tante Emma
montre la violence du retour dans la famille, où bien loin de l’enfer des camps, les petits arrangements de ceux qui sont restés à l’arrière priment. Le propos se fait ici très violent.
Le Retour d’Antoine, dans la pension de famille, montre l’humanité profonde brisée et défaillante, avec cette hésitation entre la vengeance et la volonté de n’être pas comme les bourreaux. En quelques minutes des portraits puissants sont brossés, des relations de famille pleines de jalousie ou de rancœur sont dessinées, avec une profondeur et un universalisme très balzaciens.


 

mercredi 1 avril 2020

Les Casse-pieds (ou Parade du temps perdu de J. Dréville, 1948)




Comédie amusante et bon enfant de Jean Dréville, filmée avec beaucoup d’imagination : l’ensemble se présente comme une conférence illustrée de mille manières, par des jeux de marionnettes, des dessins, des sketchs assortis de trucages à la Méliès ou de mises en abyme. L’ensemble, sans se prendre au sérieux, est parfois très drôle et toujours bien vu, sans prétention ni bêtise.
On peut voir dans Les Monstres une version italienne corrosive et acide de ces Casse-pieds réjouissants.



lundi 14 septembre 2015

Copie conforme (J. Dréville, 1947)



Joli jeu de Louis Jouvet qui tient les deux rôles principaux qui sont le nœud de l'histoire. Un escroc notoire se découvre un sosie en la personne d'un petit représentant : voilà un alibi tout trouvé pour couvrir ses forfaitures.
Le film joue donc à plein sur l'interprétation de Jouvet qui se fait plaisir en campant deux personnages très différents (dont l'escroc qui est le prétexte à une multitude de déguisements et d'attitudes). Bien entendu (et la chose est par trop prévisible), le petit représentant en boutons tombera progressivement amoureux de la belle de l'escroc et il se rebiffera juste à temps. Mais le film est sympathique et Jouvet délectable.