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vendredi 8 novembre 2019

Derrière la façade (Y. Mirande et G. Lacombe, 1939)




Un crime est commis dans un immeuble parisien et un duo de commissaires (amusante image du duo de réalisateurs) se chamaille pour trouver avant l’autre le coupable. Assez peu porté sur l’enquête elle-même, le film, très théâtral (avec notamment la triple unité de lieu, de temps et d’espace) nous promène dans l’immeuble, en déambulant dans les étages, le long des couloirs et des arrière-cours. On visite alors les appartements, on croise les voisins, on suspecte les uns et les autres, on tourne en rond, on se fourvoie, on trouve une autre piste. Et, à chaque appartement visité, une nouvelle saynète démarre, rapprochant Derrière la façade du film à sketchs.
Tout cela sur un ton de comédie tranquille, un peu bonhomme, mais avec une belle galerie de personnages contrastés : ils ont, ou bien le cynisme et l’égoïsme des bourgeois, ou bien le cœur pur des petites gens (on a là un regard sur la société bien  peu original).
Et l’on croise, au gré de ces rencontres, des acteurs immenses, dont on regrette d’ailleurs, pour certains, que leur partition soit si réduite (notamment pour Michel Simon ou Stroheim).



On notera cependant le personnage joué par Stroheim : lui, l’Allemand, dépouille avec froideur celui qui pensait être son partenaire. Le film, sorti en 1939, prend alors une tournure clairement politique.


lundi 20 août 2018

La Nuit est mon royaume (G. Lacombe, 1951)




Mélodrame de second rang de Georges Lacombe : l’histoire, à la fois trop sentimentale et sans surprise, se suit sans déplaisir mais s’avère beaucoup trop ronronnante pour réellement passionner. Le regard sur la vie des aveugles dans les années 50 a aujourd’hui beaucoup vieilli même si cette plongée dans le centre de rééducation donne clairement un aspect documentaire à certaines séquences.
C’est la personnalité de Gabin qui tient le film, un Gabin en pleine transformation : il n’est plus l’incarnation populaire mythique qu’il était avant-guerre mais il n’est pas encore la figure de patriarche qu’il sera plus tard.



samedi 16 juin 2018

Martin Roumagnac (G. Lacombe, 1946)




Film mineur de George Lacombe, qui a vieilli par bien des aspects. Son intérêt principal est de retrouver Jean Gabin juste après-guerre, dans un rôle encore assez proche des personnages populaires qu’il a pu jouer. Mais, si Gabin lui-même est parfait, le film échoue à retrouver cet aspect populaire et réaliste (quand bien même les films ne l’étaient guère) qu’il y avait chez Carné, Duvivier ou Grémillon. La faute, sans doute, au décalage, dans le film, créé par Marlène Dietrich. Le jeu de Marlène Dietrich et ce qui émane d’elle ne sont pas à leur place dans ce type de film populaire et réaliste. On a sans doute raison de s’étonner de trouver deux acteurs – qui sont deux mythes cinématographiques (en même temps que conjoints à cette époque) – aussi dissemblables dans le même film.


La séquence où Martin construit à Blanche une villa paraît une rêverie ou une image mentale, non seulement parce que la situation scénaristique est à ce moment-là complètement improbable, mais plus encore parce que Blanche – Marlène Dietrich – appartient à un ailleurs qui n’a pas sa place ici, en ce lieu, dans ce film : Marlène Dietrich est d’un autre univers cinématographique que Gabin. Blanche, alors, apparaît comme une allégorie, comme une image, comme une représentation, mais pas comme un personnage tel que ceux qu’elle croise – les ouvriers, le tonton ou le conseiller municipal.
On peut voir là une erreur de casting, qui est un peu dommage puisqu’une idée du film était très bien vue : celle que Martin découvre, au procès final, qui était vraiment Blanche – une aventurière, une « grue » comme avait tenté de lui expliquer son ami – et non une femme honnête, franche et aimante comme il le pensait.

vendredi 4 octobre 2013

Café de Paris (Y. Mirande, G. Lacombe, 1938)




Yves Mirande et Georges Lacombe nous plongent dans un Paris bourgeois d’avant-guerre, à la fois foisonnant et veule, agité et moribond. Les nombreux personnages qui viennent se côtoyer dans ce café lors du réveillon sont l’occasion d’une attaque en règle contre ce Paris insouciant qui ne sait pas qu’il va mourir.
Le film, jusqu’alors un peu confus, démarre réellement avec le meurtre de Lambert, qui , en lançant une enquête policière, est l’occasion de faire craquer le vernis social. Cette seconde partie du film est très réussie.