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mercredi 6 octobre 2021

Rocky 4 (Rocky IV de S. Stallone, 1985)

 



On a beau savoir que l’exploitation de filon ne donne jamais rien de bon, ce quatrième épisode mettant en scène Rocky Balboa – dont l’histoire cinématographique avait pourtant bien commencé est pathétique.
L’ami Rocky se trouve un nouvel adversaire, encore plus invincible : quand Clubber Lang, le méchant garçon du troisième opus, tuait son entraineur, ici, Ivan Drago, l’affreux venant de l’autre côté du rideau de fer, tue rien moins qu’Appollo Creed, son ancien adversaire… Cette entrée en matière résume beaucoup de choses : quand les requins des Dents de la mer successifs sont toujours plus gros, ici le méchant est toujours plus costaud.
Le reste du film n'apporte rien, aucune surprise, aucune perspective, bien loin de la conclusion remarquable du premier film (où  Rocky, rappelons-le, perd son match, mais gagne sa respectabilité). Pauvre Rocky, bien maltraité par son inspirateur et créateur : Sylvester Stallone, qui cumule ici scénario et réalisation (en plus d'incarner le personnage), s'il est un acteur massif et peu expressif est incommensurablement pire encore, en terme de lourdeur, comme réalisateur...
Mais, comme une fatalité, ce film – très mauvais et bien loin du premier épisode qui était réussi – est celui qui a le mieux marché au box-office, rapportant près de dix fois la mise de départ…


mardi 1 octobre 2019

John Rambo (Rambo de S. Stallone, 2008)




Il faut bien entendu oublier la parenthèse regrettable (mais rentable pour les producteurs…) des épisodes Rambo 2 et Rambo  3 – tout à fait affligeants – pour comprendre à quel point le personnage de Rambo de ce film est le descendant, vingt-six ans plus tard, du héros traumatisé et dévastateur du premier opus, sorti en 1982.
En effet, on peut tout à fait imaginer, dans ce vieux soldat retiré en Birmanie, fatigué de la vie et sans aucune naïveté sur le monde, ce que serait devenu John Rambo, vingt-six ans après avoir mis à sac la petite ville de Hope, énervé qu’il était par cette société qui le rejetait et incapable, de son côté, de s’insérer socialement, ayant ramené du Vietnam trop de traumatismes et de sauvagerie. On peut imaginer que, dégénéré par la violence de la jungle, il ne soit pas resté aux Etats-Unis – pays désormais trop civilisé – mais qu’il se soit installé dans une jungle à peine moins violente que celle du Vietnam, parcourue par des bandes armées de la junte locale, qui rappelle terriblement le Viêt-Cong.
Rambo, à nouveau en terrain connu, peut alors retourner au charbon pour sauver ce qui reste d’une petite troupe de naïfs occidentaux – qui s’imaginent que la Frontière est un endroit fréquentable – et exterminer en passant tout une armée de guerriers sans foi ni loi.


Cela nous vaut notamment une séquence très violente, très longue (environ huit minutes sur un film d’une heure et demie), d’une sauvagerie absolue, où Rambo, agrippé à une mitrailleuse, déchiquette à tout va, taillant en pièces l’ennemi. On a là une contamination du film par la violence de ce que sont devenus les films d’action, une contamination également par la violence du monde (des guerres d’Irak aux attentats du World Trade Center) : l’univers de Rambo, déjà violent en 1982, mais d’une violence encore contenue puisqu’il n’y a qu’un mort dans le premier épisode, devient le théâtre d’une hécatombe démentielle qui accompagne le passage du vieux soldat.

vendredi 20 juin 2014

Expendables : unité spéciale (The Expendables de S. Stallone, 2010)




Stallone rassemble tous ses potes du cinéma d'action des années 90 pour faire une équipe de mercenaires. Ils iront se battre contre une armée qu'ils écrabouilleront gaillardement.
Le film a un avantage : pour qui ne connaît pas ces films d'action des années 90, il permet de savoir de quoi il retourne en un seul film. On trouve en effet dans les Expendables un résumé improbable de ce mélange action/baston/explosion.
C’est un exemple typique de cinéma fast-food, dans le sens où, de la même façon que le fast-food informe parfaitement le consommateur sur ce qu'il va manger (on n'a jamais vu un fast-food prétendre faire de la bonne cuisine), le film annonce clairement la couleur. Le film assume donc complètement son outrance et, même, joue la carte de l'humour pour prendre un peu de distance (il faut bien, la caricature est quand même très lourdingue).
Bien entendu, on se doute de ce que les producteurs pensent des spectateurs :