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vendredi 17 avril 2026

Gendarmes et Voleurs (Guardie e ladri de M. Monicelli et Steno, 1951)

 



Célèbre comédie de Mario Monicelli et Steno, Gendarmes et Voleurs met en scène Toto aux prises avec Aldo Frabrizi.
Grand succès italien, le film préfigure la comédie italienne. Il est vrai que toutes ces scènes au ton de comédie ont un arrière-plan social dur (en 1951 l’Italie est encore éreintée par la fin de la guerre) et le film – c’est là sa saveur provocatrice – met sur le même plan le voleur et le sergent qui le poursuit : il les rapproche jusqu’à les rendre amis.
Mais l’équilibre fameux de la comédie italienne n’est pas encore trouvé : les ingrédients sont là mais le bon mélange ne se fait pas. Même si on le pressent par moments, on est encore loin du Pigeon que Monicelli réalisera dans quelques années.


lundi 16 décembre 2024

Un bourgeois tout petit petit (Un borghese piccolo piccolo de M. Monicelli, 1977)





Etonnant film qui, démarrant comme une comédie, change brusquement de ton et devient tout à coup un vrai drame, féroce et jusqu’au-boutiste. La légèreté de la première partie renvoie aux comédies italiennes avec ce père qui fait ce qu’il peut pour favoriser son fils et lui permettre de réussir ses examens. Mais, tout à coup, dans un véritable coup de théâtre, le fils est tué et l'histoire change du tout au tout. Le film se tourne en effet vers le thème surprenant de l’autodéfense (en toute fin de film on n’est plus très loin de Un justicier dans la ville) et si l’on comprend ce que veut dire Monicelli (la rupture de ton marque la rupture du personnage lui-même, qui est brisé par la mort de son fils), le film perd un peu son fil et la radicalité du propos jure sans doute trop par rapport au ton du début, avec les séquences amusantes où Vivaldi fait son possible pour coopter son fils.
Et l’on a rarement vu Alberto Sordi dans un rôle aussi cruel et inattendu (après une première partie qu’il domine comme à son habitude par son aisance dans le registre comico-tragique).



samedi 30 octobre 2021

Larmes de joie (Risate di gioia de M. Monicelli, 1960)





Larmes de joie, s’il est sorti au cœur de la grande période de la comédie italienne, et s'il est réalisé par celui-là même qui réalisa le premier chef d’œuvre du genre (Le Pigeon), reste assez laborieux. C’est d’ailleurs ce qui surprend le plus : malgré tous les ingrédients qu’il contient, l’alchimie ne se fait pas et le film ne s’élève jamais au-dessus de sa narration, comme si les situations emprisonnaient les personnages. Malgré Monicelli à la baguette, malgré Toto, malgré Anna Magnani et Ben Gazzara, malgré Age et Scarpelli au scénario, la sauce ne prend pas vraiment et le film peine à trouver le bon ton et le bon rythme.
Il faut peut-être, alors, comprendre les choses différemment : une somme de talents – aussi grands soient-ils – ne garantit rien. Pour que l’alchimie joue et que de l’or surgisse à l’image, il faut un quelque chose qui ne saurait se résumer à une somme de talents. Ici les ingrédients sont là mais il manque cette mystérieuse transmutation qui, comme par miracle,
envahit l’écran et montre que le tout est supérieur à la somme des parties, comme dans les plus grands films, qui ont toujours, sans doute, une part de miracle en eux.


 

jeudi 1 septembre 2016

Le Pigeon (I soliti ignoti de M. Monicelli, 1958)




Excellente comédie italienne qui mélange avec délice et virtuosité les deux ingrédients indissociables du genre : le réalisme tragique de tout un pays en arrière-plan (on est ici dans la droite ligne du néo-réalisme) et la comédie pure, qui tourne tantôt à la bouffonnerie, tantôt aux gags, tantôt au numéro d'acteurs. La quadrature du cercle entre ces tons antinomiques est trouvée avec une facilité stupéfiante : on est plongé dans cette histoire rocambolesque de voleurs incapables qui mettent au point (et avec quelles difficultés !) un cambriolage. La conclusion de celui-ci, autour d'une table, à goûter des pâtes aux pois chiches, est inoubliable.
Les acteurs sont prodigieux, le scénario inventif et la mise en scène délicieuse. Voilà une nouvelle porte qui s'ouvre dans le cinéma italien : celui-ci va s'y engouffrer avec avidité et brio, offrant de merveilleux films et faisant du cinéma italien, au cours des années soixante, peut-être le plus riche et le plus intéressant cinéma du monde.

samedi 26 septembre 2015

Mes chers amis (Amici miei de M. Monicelli, 1975)




Comédie potache plus drôle que dure (les meilleures comédies italiennes savent mieux rester équilibrées), où une bande d’amis quadra invente mille et une plaisanteries, des plus légères aux plus morbides. Quelques gags sont excellents : la distribution de baffes aux départs des trains, le pauvre Righi (excellent Bernard Blier) qui se fait embobiner par la bande.
L’interprétation est très réussie (même si, dans la version originale – en italien donc – la voix de Philippe Noiret est doublée, ce qui gêne beaucoup) : comme souvent on sent la jubilation commune des acteurs et du réalisateur.
Le film reste loin, néanmoins, des meilleures réussites du genre (Le Pigeon, Le Fanfaron, etc.).


samedi 15 août 2015

L'Armée Brancaleone (L'Armata Brancaleone de M. Monicelli, 1966) et Brancaleone s'en va-t-aux croisades (Brancaleone alle crociate de M. Monicelli, 1970)




Il faut comprendre les deux films comme un diptyque : le premier film ayant connu un très grand succès en Italie, une suite fut tournée.
Sur fond de Moyen Âge, ces deux films sont d'incroyables délires qui se permettent toutes les facéties. Comme dans d’autres comédies de la période, on sent les auteurs, réalisateurs et acteurs à l’unisson pour tout oser : les farces, les moqueries, les affrontements les plus dangereux, les lâchetés les plus folles. On croise des lépreux, des pendus, des sorcières, même un stylite : des génériques aux séquences finales, tout y passe. Le film repose sur la performance extravagante et géniale de Vittorio Gassman qui construit un chevalier qui passe du pathétique au valeureux d’une scène à l’autre, prêt à sauver un innocent ou à tenter d’entourlouper la Mort. Il y a bien sûr du Don Quichotte dans Brancaleone.
La fin de Brancaleone s’en va-t-aux croisades est incroyable d’audace (les personnages ne s'expriment plus qu'en vers, le chevalier affronte la Mort elle-même, etc.).


Brancaleone affrontant la Mort

On sait où les Monty Python ont trouvé leur inspiration pour leur Sacré Graal (aussi bien dans le thème que dans le ton).


Savez-vous qui je suis ?
Mon nom est - écoutez-bien - Brancaleone De Norcie !