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mercredi 3 février 2021

Le Jour des morts-vivants (Day of the Dead de G. Romero, 1985)

 

Ce classique du film de zombies de George Romero, s’il reprend les principaux éléments du genre, cherche à explorer plus avant la figure du zombie, en même temps qu’il continue de délivrer un regard sur la société.
Après l’apparition en plein cadre du refoulé et du paria (La Nuit des morts-vivants), la dénonciation de la surconsommation (Zombie), ici, dans un monde laissé à la merci des zombies (idée de départ pourtant riche de prime-abord), Romero vient dénoncer l’Amérique des années 80, en particulier – c’est à cela, malheureusement, qu’il réduit l’essentiel de son script – l’emprise des militaires sur l’Amérique, qui est montrée, en ce sens, comme totalitaire. Si l’on rajoute les rues envahies par les zombies, les billets de banque qui s’envolent au grès du vent ou un crocodile sortant d’une banque, on mesure avec quel gros pinceau l’Amérique reaganienne est portraiturée.
On regrette que le film, après une bonne première séquence en extérieur, vienne s’enfermer dans un huis-clos qui tourne un peu à vide. L’idée étant que, quand tout est détruit, on se replie sur soi jusqu’au recroquevillement. Restreindre ainsi une bonne idée de départ (un monde désormais livré aux zombies) est un peu frustrant (quelques puissent être les contraintes budgétaires qui ont fatalement bridées Romero).

Mais Romero, néanmoins a plusieurs bonnes idées qui viennent enrichir ce que le zombie a à nous dire. Ainsi Romero se concentre davantage sur ses créatures, avec l’image du savant fou qui cherche à décrypter leur comportement. On voit mieux, alors, combien le zombie, dans le cinéma de Romero, est une version réduite à sa plus simple expression, sans enrobage, décivilisée autant que décérébrée, de l’humain, mais à qui il reste malgré tout une mémoire vague des choses, une empreinte du passé qui le meut. Derrière l’apprentissage du zombie qui s’apprivoise, on retrouve l’idée forte de Zombie où les créatures erraient dans le centre commercial (images que rejoignent celles de Jarmusch dans The Dead Don’t Die, où les zombies, hagards, marmonnent « wifi » ou « Bluetooth »). Ce travail sur le zombie lui-même reprend et accentue l’idée qu’il est un miroir déformé de l’humanité (ou de ce qu’il en reste, nous dit Romero). La frontière entre l’homme et sa version zombie est décidément plus incertaine que jamais.
Romero, enfin, s’amuse à renchérir sur le gore (qui est essentiel dès son premier film et que l’on retrouve, ensuite, dans tous les autres), avec des éviscérations en veux-tu en voilà.



vendredi 28 novembre 2014

Zombie (Dawn of the Dead de G. Romero, 1978)




L'exploitation de filons se poursuit pour George Romero après sa très bonne Nuit des morts-vivants. Hélas les qualités du premier film semblent déjà bien loin. Il déroule son procédé (des humains qui doivent s’extirper de bandes de zombies avides de les dévorer) sans beaucoup de talent ou d’originalité. Ici il part d’une terre envahie par les zombies avec seuls quelques humains qui cherchent à survivre. Ils se barricadent dans un centre commercial et tentent de résister.
La principale idée du film est néanmoins assez brillante : c’est celle de répandre des zombies dans un centre commercial. C’est une dénonciation de la surconsommation certes un peu facile mais efficace visuellement.

Les zombies errants dans le centre commercial
C’est en effet une image forte de voir les zombies errer lentement, sans but, les bras ballants, alors que la musique se répand, que les fontaines du centre commercial jaillissent, que les publicités illuminent les boutiques. Pour le reste le film est assez décevant et, surtout, sans aucune surprise.

samedi 23 août 2014

La Nuit des morts-vivants (Night of the Living Dead de G. Romero, 1968)



La Nuit des morts-vivants George Romero Affiche poster

Très bon premier film de George Romero, qui fore la première galerie d’une mine ô combien prospère. C’est là la première apparition des morts-vivants dans son expression moderne (Romero n’est pas l’initiateur du concept de mort-vivant, le très bon Zombie de J. Tourneur le précède, mais on est loin de la représentation de Romero) : c’est-à-dire des humains hagards, morts mais qui marchent encore, absolument déterminés mais qui n’ont aucun but (c’est là une des clefs de la trouvaille de Romero) et qui cherchent à mordre et à déchiqueter à tout-va.

La Nuit des morts-vivants George Romero

L'image est froide, dépouillée, sèche, glauque, et la tension se resserre une fois que les protagonistes sont installés dans une maison isolée et qu’ils sont harcelés par les zombies.
La caméra est parfois quasi-documentaire, dans un réalisme augmenté par les images retransmises aux informations pas la télévision. Le manque d'explications claires, la dureté de certaines scènes (en particulier, pour l'époque, des scènes très crues de cannibalisme) et un final saisissant (on est loin d’un happy-end conventionnel) rendent La Nuit des morts-vivants très prenant et très réussi.
Bien entendu ce film culte engendrera une multitude de suites ou de déclinaisons mises à toutes les sauces (en particulier les sauces les plus gores, le genre s'y prêtant particulièrement bien).

La Nuit des morts-vivants George Romero