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lundi 29 juillet 2024

Le Toubib (P. Granier-Deferre, 1979)

 



Film assez terne de Pierre Granier-Deferre, dont la narration lente et sans grand rythme peine à captiver. Organisé autour de ce docteur brisé qui revient peu à peu à la vie grâce à la petite infirmière qu’il rencontre, le film, qui se veut une réflexion et un regard sur les ravages de la guerre, reste sans grande surprise, avec une fin, notamment, très prévisible.
Alain Delon retrouve une nouvelle fois son personnage type – homme brisé et taiseux –, qui, ici, reprend goût à la vie. Mais il surjoue son jeu minimaliste (eh oui, c’est possible), les poses et les sentences ne sont déjà plus très naturelles, elles annoncent le jeu beaucoup moins convaincant qu’il aura dans les années à venir (il y a une vraie rupture, et c’est bien dommage, dans sa filmographie ; Monsieur Klein, réalisé trois ans auparavant, marquant sans doute la fin de sa période la plus faste).




jeudi 6 juin 2024

La Race des Seigneurs (P. Granier-Deferre, 1974)

 



Film politique sans grande originalité même si le sujet classique des renoncements qu’impose la politique est abordé avec un pas de côté. En effet c'est souvent l’intégrité qui est mise à rude épreuve pour gagner politiquement, mais ici Julien Dandieu doit choisir entre sa maîtresse et sa carrière. Cela dit on a quand même beaucoup de mal à croire en cette histoire d’amour entre le député dynamique et plein d’avenir (campé par Delon qui plus est) et la poupée guère attachante dont il est éperdument amoureux. Il faut dire que le scénario autant que l’interprète (Sydne Rome est très fade) n’aident pas à nous convaincre.
Le dénouement final, révélant une sincérité à laquelle on ne croyait guère, peut néanmoins surprendre.



mercredi 6 mars 2024

La Métamorphose des cloportes (P. Granier-Deferre, 1965)

 



Entre polar et comédie, le film joue de la prestance et du jeu de Lino Ventura qui peut s’en donner à cœur joie dans cette histoire d’un taulard balancé qui vient régler ses comptes.
Partant d’une histoire très classique, Pierre Granier-Defferre, épaulé par Audiard qui cisèle joliment les dialogues et par des seconds rôles savoureux, fait ce qu’il peut.
Mais la mayonnaise, décidément, n’est pas facile à faire prendre : il manque un je ne sais quoi pour que le film, de plaisant, devienne jouissif ; pour qu’il sorte de son classicisme et emporte tout à fait. L'image finale, néanmoins, est très réussie.

 

 


samedi 18 décembre 2021

La Veuve Couderc (P. Granier-Deferre, 1971)





Film adapté de Simenon et porté par de grands acteurs, La Veuve Couderc déçoit quelque peu. La peinture rurale semble toujours un peu forcée, la faute peut-être à Simone Signoret qui joue très bien la femme de ferme veuve mais ne se fait pas oublier. Or un grand rôle commande que l’acteur se fasse oublier (que l'on voit le personnage et non l’acteur) et plus l’acteur est connu plus cela est difficile (avec Signoret on retrouve le même défaut dans Le Chat réalisé l’année précédente).
Si la sauce ne prend pas vraiment c’est aussi parce que Pierre Granier-Deferre ne saisit qu'imparfaitement Alain Delon (qui est décidément bien difficile à filmer). Si son personnage intériorise beaucoup (ce qui est une condition sine qua non pour que Delon puisse exprimer ses qualités), il ne s’exprime guère. Or tout le jeu de Delon est de s’exprimer sans rien dire ni rien faire. C’est là qu’est son génie minimaliste. Bien des réalisateurs l’ont saisi (de Clément à Melville) mais Granier-Deferre a du mal à utiliser sa star au mieux : le personnage de Jean Lavigne reste froid et monolithique, on ne sent guère un combat ou une complexité intérieurs, comme des couches psychologiques qui se superposent et se mélangent.

On comprend alors que, entièrement centré sur son duo d’acteurs, le film peine à convaincre et ne marque guère le spectateur.

 

dimanche 20 mars 2016

Adieu poulet (P. Granier-Deferre, 1975)




Film qui sent bon le polar français des années 70-80, avec ce mélange d’ambiance, de situations très françaises (le patron de la police qui vient gêner aux entournures le commissaire, le juge qui vient encore par-dessus) et d’acteurs typiques. Ici Lino Ventura (dans la lignée de Gabin ou de Belmondo) flanque quelques gifles mémorables et l’ensemble se suit sans déplaisir.
De par sa dénonciation de la corruption à tous les étages, le scénario évoque Règlement de compte de Lang où tout n’est que pourriture et délabrement. Même s’il ne s’agit pas d’une grande composition comme dans Série noire, le jeu de Patrick Dewaere amène un peu de folie libre dans cet ensemble compact d’inspecteurs, de commissaires, de juges et de malfrats bien semblables et ternes.