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lundi 8 mars 2021

The Nest (S. Durkin, 2020)



Autant le premier film de Sean Durkin, sans avoir rien de réellement novateur, était intéressant, autant The Nest est bien décevant.
On comprend bien ce que cherche à dire Durkin, mais il ne parvient guère à saisir les fissures qui s’immiscent dans la famille et qui, peu à peu, grandissent inexorablement. Il faut dire aussi que le discours est très convenu (d’un côté Rory, un yuppie ambitieux qui se fourvoie, de l’autre Allison, sa femme, qui, auprès de son cheval, comprend mieux les choses).
Le film, finalement, est assez terne et il échoue là où Martha Marcy était réussi : il ne parvient pas à saisir l’impalpable fissuration, cet éloignement progressif des êtres mais surtout ce déséquilibre progressif qui se produit dans la famille et qui n’est montré, au contraire, que par des moments marqués et bien déterminés (la mort du cheval, l’exaltation puis la colère de Rory face à son projet qui capote). Dans Martha Marcy, Durkin disait assez peu et suggérait beaucoup, là il dit beaucoup (on a même droit à des frasques d’Allison au restaurant, aux confidences de Rory dans le taxi, etc.) et suggère moins.



samedi 13 février 2021

Martha Marcy May Marlene (S. Durkin, 2011)

 

Dans ce premier film, Sean Durkin arrive à trouver un ton juste dans un exercice difficile. C’est qu’il cherche à saisir un moment particulier de la vie de Martha, lorsque, échappée de l’emprise d’une communauté et alors qu’elle est prise en charge par sa sœur, elle se retrouve seule et perdue.
On comprend peu à peu, en filigrane, que c’est par rejet du joli monde que sa sœur représente (beau métier, aisance financière, train-train d’une vie bourgeoise, tranquille et conventionnelle), qu’elle a pu se faire happer dans une « famille », en réalité une communauté sous l’emprise de Patrick, le gourou no-limit. Si l’opposition des genres est un peu facile et forcée, le scénario, qui ne dit pas tout, laisse de l’espace au spectateur. C’est là, sans doute, que se trouve la réussite du film.
Le jeu de Elisabeth Olsen est remarquable : elle parvient à incarner une Martha qui n’est jamais tout à fait présente, hantée et happée par son passé, avec toutes ces images et ces sensations qui lui reviennent. Cet entre-deux difficile est parfaitement saisi.