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mercredi 13 septembre 2023

Fighter (The Fighter de D. O. Russell, 2010)

 



S’il n’est pas inintéressant et s’il montre efficacement le parcours de Micky Ward un peu perdu au milieu de sa famille dans et hors des rings, Fighter manque sans doute d’une dimension que l’on pressent par moment mais que le réalisateur laisse trop de côté.
C’est que ce boxeur prometteur qui cherche à s’extirper d’une famille qui le tire en arrière doit d’abord et avant tout affronter son frère aîné, boxeur maudit à la dérive. Et cet affrontement, à un moment seulement, lors d’un banal entraînement, devient purement physique. Et c’est à ce moment que l’on comprend combien la puissance des coups, par cette destruction qu’implique la boxe peut, seule, exprimer le combat entre les deux frères. De même que les boxeurs se cognent dessus à qui mieux-mieux pour ensuite s’enlacer dès le combat terminé, les deux frères boxent, en réalité, l’un contre l’autre durant tout le film. Il aurait fallu filmer ce combat décisif, il aurait fallu les voir se cogner, tant tout se résout, dans la psyché de ces personnages, par le rapport de force à mains nues : la destruction comme la gloire viennent de leurs poings.

Cela dit Fighter est servi par son casting et l’on est même surpris par Mark Wahlberg, d’ordinaire bien fade, dont le jeu très sobre (souvent trop sobre) convient très bien ici pour exprimer le tiraillement qui ne quitte pas son personnage. Christian Bale s’en donne à cœur joie (dans un rôle, où, encore, une fois, il montre sa capacité à se transformer physiquement) et Melissa Leo, qui joue la mère, est remarquable elle aussi dans un rôle pas facile.

 




mardi 20 juin 2023

Amsterdam (D. O. Russell, 2022)

 



Film assez décevant, partant sur une histoire assez rocambolesque (pourquoi pas) mais relevant d’une esthétique assez pénible, qui consiste à raconter de façon décontractée avec une voix off très présente et très proche du spectateur (« style » assez fréquent et que l’on retrouve par exemple dans The Gentlemen ou encore L'Affaire des Panama Papers). Cette manière de faire coince finalement les personnages qui restent sans grande épaisseur et sans beaucoup d’émotion : quand un personnage nous dit ce qu’il ressent, il ne ressent pas réellement.
Et, comme souvent dans ce genre de manière de faire, certains personnages se veulent sérieux (le général campé par De Niro par exemple) quand d’autres sont du registre de la comédie. De même pour certains plans, pour certains axes de caméras ou pour le montage de certaines séquences qui, eux aussi, tirent la narration vers la comédie. Et, comme souvent, cet ensemble qui oscille entre drame et comédie est bancal et n’est pas bien convaincant.