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samedi 1 juillet 2023

Tuez-les tous... et revenez seul (Ammazzali tutti e torna solo de E. G. Castellari, 1968)

 

 
 
Western spaghetti très conventionnel de Enzo G. Castellari et qui a tout du cinéma d’exploitation. S’il reprend plusieurs éléments du Bon, la Brute et le Truand (la guerre de sécession, le trésor caché, la dynamite, etc.), la forme se contente de la vulgate très vite apparue dans la lignée de Sergio Leone. C’est que le cinéma italien, en exploitant avidement le filon du western, n’a gardé de Leone que quelques éléments de mise en scène qui en font une caricature. Et si l'on veut bien se souvenir que Leone est déjà un maniériste et qu’il est déjà caricatural, on se rend compte combien cette lignée du western spaghetti ne pouvait pas mener très loin en termes de qualité. On a donc droit, dans Tuez-les tous..., à des zooms tendus sur les visages, à des champs-contrechamps plantés à hauteurs des yeux, à des trognes patibulaires, à des bruitages aujourd’hui folkloriques (les coups de feu, les coups de poing), à des morts en pagaille.
C’est un peu dommage que le film, sur cet aspect formel, soit bâclé, car il y avait quelque chose à fouiller autour des deux personnages principaux cyniques à souhait et bien servis par deux acteurs intéressants (Chuck Connors et Frank Wolff).




lundi 30 août 2021

Le Témoin à abattre (La Polizia incrimina la legge assolve de E. G. Castellari, 1973)

 



Bon polar italien, très typique des années 70 où, à la noirceur du scénario, répond la mise en scène très rythmée et assez stylisée de Enzo G. Castellari, qui prend le spectateur et ne le lâche plus.
Parfaite expression cinématographique des années de plomb, le film est très violent, sans concession et porte un regard très dur sur les guerres de la drogue et sur l’état de la société italienne. On retiendra aussi de ce Témoin à abattre Franco Néro, alors en pleine gloire et qui passe sans cesse du polar au western.

mardi 27 octobre 2020

Keoma (Keoma il vendicatore de Enzo G. Castellari, 1976)



Pour saisir l’intérêt très relatif de Keoma, il faut rappeler que, mis à part une petite dizaine de films (réalisés, notamment, par les trois Sergio – Leone, Corbucci et Solima –), les plusieurs centaines de westerns italiens apparus en une grosse dizaine d’années à partir de 1964 ont tout du cinéma d’exploitation et qu’ils cherchent à extraire le maximum du filon ouvert par la Trilogie du dollar de Leone. Et, après avoir accumulé les poncifs aussi bien dans ses scénarios que dans sa mise en scène, le genre s’épuisera de lui-même à l’orée des années 80.
Keoma vient donc en queue de comète de ce filon exploité avec avidité et, tout en ressassant des idées et des motifs vus mille fois, il manie néanmoins quelques images intéressantes. La violence y est davantage mélancolique et sans aucune ironie (le western italien, passé par tous les avatars, s’est auto-enterré à coup de parodies pénibles) : la fin du genre n’est pas loin.
Franco Néro reprend une nouvelle fois son rôle légendaire de pistolero hirsute (même si, ici, il devient Indien, ce qui n'est pas sans évoquer La Porte du Diable.), pistolero qui revient mettre un peu d’ordre (colt au poing) dans la ville de son enfance, où un baron local a pris violemment les rênes.

On notera aussi la mélodie lancinante qui revient et accompagne les apparitions du héros, héros nostalgique, conscient que son monde – celui du western italien – n’est plus très loin de la fin.