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vendredi 27 septembre 2024

Le Mari de la coiffeuse (P. Leconte, 1990)

 



Etonnant film qui résume son propos à une histoire d’amour d’abord fantasmée et bientôt vécue, comme une version chimiquement pure de l’amour. Hymne un peu passéiste au cocon que se l’on créé et qui suffit pour vivre, le film joue de charmes désuets, usant parfaitement du ton de Jean Rochefort, toujours décalé et juste.
La fin, amenée un peu brutalement, en plein amour fou, et qui cherche à glisser sans tristesse, est une gageure.

 

mardi 10 septembre 2024

Viens chez moi, j'habite chez une copine (P. Leconte, 1981)





Cette comédie s’amuse à mettre en scène un personnage parasite qui, faisant bien plus que seulement s’incruster chez un couple d’amis, agit contre le monde, ne respectant rien ni personne. On retrouve, dans une version volontiers hostile et consciente d’elle-même, François Pignon, qui interrompait Lino Ventura dans L’Emmerdeur. Mais ici, rencontré dans la vie de tous les jours, ce personnage serait tout à fait détestable et nuisible et il faut tout le ton de la comédie pour le rendre supportable et l’on sourit des frasques incessantes et parfois cataclysmiques (Daniel y perd son emploi, tout de même) de ce sans-gêne pénible et égoïste. Michel Blanc le campe très bien en parvenant à ne pas nous le rendre (trop) antipathique.



jeudi 14 juillet 2022

Tandem (P. Leconte, 1987)

 



Sous des dehors faussement comiques, ce road-movie de Patrice Leconte, en suivant ces deux personnages qui ne cessent de jouer de faux-semblants de plus en plus intenables, saisit un peu de cette France froide, glauque, volontiers beauf, perdue au fin fond des campagnes et des petites villes. Le regard est très dur, à la fois sur ces provinces perdues et sur le ringard Mortez qui cabotine sans cesse, cachant le vide de sa vie par la notoriété qui l’accompagne. La détestation du personnage pour les provinciaux qui sont pourtant son public (comme le lui dit le factotum Rivetot qui l’accompagne) va jusqu’à rendre ce personnage souvent pathétique et parfois même pitoyable. Il sera sauvé par les dernières séquences qui le réhabilitent totalement de façon un peu surprenante.
Si Jean Rochefort construit parfaitement son personnage et lui donne une belle épaisseur, on n’en dira pas autant de Gérard Jugnot dont le personnage de Rivetot sert finalement uniquement de faire-valoir. Il est vrai que Rivetot est assez creux, mais Jugnot n’en fait à peu près rien. Les personnages qu’il interprète, bien souvent, sont décrits immédiatement et ne sortent ensuite jamais de la petite case où ils sont placés : un peu comique, un peu pathétique, souvent à la limite du caricatural. Il manque à l’acteur, malgré tous ses efforts, de l’humanisme, celui dont regorgent les grands acteurs à la tonalité volontiers comique, de Alberto Sordi à Peter Sellers en passant par Toto.



samedi 28 septembre 2013

Les Bronzés font du ski (P. Leconte, 1979)




Cette suite des Bronzés, qui emmène son petit monde au ski, est très réussie. Le premier opus souffrait d’être une accumulation de séquences mises bout à bout, ici l’homogénéité du récit est supérieure et le rythme ne faiblit pas.
Le film, sans se prendre le moins du monde au sérieux, et tout en s’appuyant sur les grands moments incontournables des vacances au ski (depuis la location du matériel jusqu’aux repas à la fondue, en passant par les cours de ski et le vin chaud), multiplie les situations et les transforme en clichés souvent très drôles, ne se refusant aucune exagération ou extravagance.
La force de la petite troupe est de multiplier les portraits, grinçants et plus vrais que nature, en s’en donnant à cœur joie et sans épargner personne. La beaufitude de Gérard Jugnot, les tentatives incessantes de Michel Blanc, la fausse confiance en lui-même de Thierry Lhermitte ou la surexcitation jalouse de Christian Clavier dressent un portrait au vitriol de la France en vacances des années 80, le tout dans une bonne humeur chaude et communicative.
On mettra juste un bémol sur le film : là où l'humour touchait auparavant toutes les classes sociales (par exemple dans La Grande vadrouille, depuis le chef d'orchestre jusqu'au peintre en bâtiment), ici c'est de la France beauf – et uniquement d'elle – dont on se moque. Ne se moquer que d'une unique classe sociale enlève un certain second degré et réduit toujours la portée comique d'un film (qu'on pense à Dupont Lajoie pour mieux s'en rendre compte encore).


L’affligeante suite – Les Bronzés 3 : Amis pour la vie –, tournée quelques vingt-sept ans plus tard (!), ne relève que de la propagande commerciale de producteurs qui avaient persuadé les acteurs de se regrouper. Quand bien même le film fut un succès en salle, cette grosse machine lourde et bedonnante est bien ridicule face à la légèreté drôle et rythmée de son modèle.