
Sur un sujet pas si facile
à traiter qui mélange la petite histoire et la grande (les relations entre une domestique et
Marie-Antoinette alors que la Révolution gronde aux portes de Versailles),
Benoît Jacquot recrée très bien cette atmosphère à la fois de fin de règne et
néanmoins décalée par rapport aux événements, comme si tout était compris et
subi avec un temps de retard. C’est cette ambiance précipitée – entre
l’empressement de Sidonie à répondre aux attentes de la Reine et la frénésie
qui naît devant les nouvelles de Paris qui inquiètent – qui est très réussie.
Et,
dans ce cadre si lourd (la cour) et si dramatique (la Révolution), Jacquot fait
surgir l’amour, ce sentiment qui perturbe plus encore les êtres que les drames
qui s’étendent et que rien n’arrête (bientôt il va falloir fuir). Les Adieux à la Reine joue alors
d’amours violentes, inavouées et mal comprises par ceux qui le ressentent,
depuis Sidonie jusqu’à la Reine. Dans un jeu à trois, le film développe de
petites gradations d’amour qui entraînent des sacrifices que les unes demandent
sans guère se soucier de l’autre (puisqu’il est moins aimé) quand l’autre
accepte, par amour justement, ledit sacrifice.

































