
Film assez peu convaincant de Mike Leigh, en tous les
cas bien loin de ses plus grandes réussites. Si son personnage principal est
attachant et si l’on prend bien sûr fait et cause pour lui, le film reste assez
académique et attendu et finalement assez loin de la puissance émotionnelle
d’un film comme Secrets et Mensonges
par exemple.
La reconstitution de l’Angleterre des années 50 est
très appliquée mais l'on ressent à l’image cette minutie et cette application, ce
qui donne un aspect un peu faux à une reconstitution pourtant très soignée et
aboutie.
Imelda Staunton, dont on a loué la composition dans le
rôle-titre, surjoue beaucoup dans toute la première partie du film (jusqu’à son
arrestation) : elle cabotine avec son sourire permanent et sa démarche de
« bonne petite vieille affable ». Elle donne même une apparence
superficielle au film lui-même avec ce personnage trop bon, trop doux, trop
empli de bonnes ondes et qui agit par bonté (et jamais pour l’argent).
Mais on reconnaît Mike Leigh dans la seconde partie, lorsque Vera Drake est prise dans la tourmente, puisqu’il montre une retenue
(retenue que n’aurait peut-être pas eu Loach ou Sheridan auxquels on pense, le
propos du film étant éminemment politique) : ni la police ni la justice
n’écrasent la pauvre femme, mais c’est bientôt plutôt la loi qui frappe.
Contraints par cette loi et par l’activité de Vera Drake, l’enquêteur ou le
juge montrent une humanité qui répond la détresse de la faiseuse d’anges.






























