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lundi 13 septembre 2021

J'accuse (A. Gance, 1938)

 



Après une très bonne première partie en pleine guerre des tranchées, le film glisse vers un pacifisme qui devient de plus en plus fiévreux à mesure que l’intrigue avance. Jean Diaz, le personnage qui concentre sur lui tout le fol espoir d’Abel Gance, frise la folie et s’adresse aux morts pour la bonne cause. Et, ce faisant, le film devient de plus en plus irréel. Mais ce ton fantastique est assumé par Gance qui fini par réveiller les morts qui viennent se rappeler à la mémoire de ceux qui les ont oubliés.
Il faut bien dire que l’espoir d’une paix durable (si ce n’est éternelle) est quelque peu ridicule avec le recul de l’Histoire et la fin, à ce titre, ne tient pas debout. J’accuse rejoint, par son thème, celui de La Fin du monde réalisé quelques années plus tôt – avec cette même adresse universelle à l’Homme – et c’est ici Victor Francen qui est le relais de Gance (qui jouait directement un personnage lui aussi habité et presque fou dans La Fin du monde).

Il faut également noter que l’intrigue amoureuse en tiroir (avec l’amour de la mère qui se dédouble ensuite au travers de la fille) est assez mal intégrée à ce manifeste contre la guerre.
Il reste, cela dit te même si Gance s'est beaucoup calmé en terme de créativité folle depuis ses films muets des années 20, quelques images étranges et fulgurantes qui traversent le film.


jeudi 26 octobre 2017

Napoléon (A. Gance, 1927)




Avec une ambition immense, Abel Gance s’attaque à son projet de Napoléon. Avec de gros moyens et des idées sans limites, il se lance dans un tournage d’une liberté extraordinaire et le film  regorge d’innovations, de jeux de caméra, de cadrages, de surimpressions ou d’idées de montages détonants. Gance eut même le projet de réaliser son film en « polyvision » c’est-à-dire en projetant sur 3 écrans en même temps (1 central et 2 latéraux). Son idée était que le spectateur soit le plus acteur possible du film en l'immergeant au maximum dans celui-ci.


Du fait de nombreuses dégradations/restaurations, le résultat visible aujourd’hui n’est qu’une version sans doute assez éloignée de l’idée de Gance, mais l’ensemble (les deux premières heures surtout) a un souffle épique indéniable avec une inventivité narrative et visuelle permanente. On notera aussi l'interprétation remarquable d'Albert Dieudonné qui a donné au cinéma une image de référence pour Napoléon.