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vendredi 23 mai 2025

Ho ! (R. Enrico, 1968)

 



Curieux film de Robert Enrico, valant surtout pour le jeu qui tourne autour du personnage joué par Jean-Paul Belmondo. En début de film ce personnage est volontiers ridiculisé et moqué et il apparait faible et dépassé. Il se rebiffe ensuite mais sans y parvenir réellement, en continuant de se laisser emporter par les évènements alors qu’il voudrait les contrôler. On est là très loin des personnages joués par celui qui sera bientôt Bebel. Ce rôle apparaît ainsi comme une vraie originalité.
Mais, hormis cette singularité qui lui donne aujourd’hui un intérêt, le film manque de relief et reste loin des plus grandes réussites du réalisateur.


lundi 15 janvier 2024

Les Grandes Gueules (R. Enrico, 1965)





Très bon film de Robert Enrico, qui nous emmène dans une scierie perdue dans la forêt des Vosges. On compte assez peu de films français mêlant ainsi amitié et aventure, tout en s’apparentant, sur bien des aspects, à un western à la sauce française.
C’est que, du western, Les Grandes gueules reprend bien des éléments, autant dans les thèmes du récit (la confrontation à une nature difficile et rude, le combat entre un petit exploitant et un gros industriel) qu’au niveau des personnages (les multiples bagarres, le rejet des étrangers par les bons citoyens, les tensions dans le bar, la camaraderie progressive des repentis, la vengeance sous-jacente).

Le film s’appuie sur une belle galerie de personnages au milieu desquels Hector Valentin s’active comme il peut, en patron volontaire et coriace. On notera l’exceptionnelle performance de Bourvil qui, entre Le Corniaud et La Grande vadrouille – rôles comiques s’il en est –, montre ici son talent extraordinaire : il compose un personnage dont la sincérité – sincérité à la fois triste et butée – saute aux yeux du spectateur. L’équilibre avec Lino Ventura est parfait : ce dernier construit un personnage complexe – qui joue sur des ressorts d’amitié alors qu’il vient, en réalité, pour se venger – donne une dimension supplémentaire au récit. L’amitié virile qui semble vouloir se dégager est biaisée et conduit le récit vers le drame.

Il en ressort une tonalité très sombre où tout semble vain : la scierie échoue à se maintenir, l’amitié possible est fracassée par les manigances et les désirs de vengeance.





mercredi 3 janvier 2024

Les Aventuriers (R. Enrico, 1967)

 



Après une première demi-heure peu convaincante, le film gagne en épaisseur au fur et à mesure de ses drames, notamment après l’épisode africain. Le dernier tiers du film, alors que les personnages ont complètement changé de registre et apparaissent infiniment marqués et meurtris, est très réussi, le film d’aventure s’étant mué en un puissant drame.
Alain Delon compose alors un de ses personnages dont il a le secret : taiseux et déjà éteint, comme si quelque chose était mort en lui. Lino Ventura, qui campe le second personnage de ce duo, avec toute la masse de son mutisme, exprime autrement la tristesse, davantage comme une lassitude que comme une brisure intérieure. Portés par ces deux acteurs immenses, les deux personnages, amis intimes qui suivent longtemps la même trajectoire, s’assemblent parfaitement.

Delon, au travers de ce personnage d'aventurier tête brûlée et perdu, meurt une nouvelle fois dans un film, ce qui, tout à la fois, est rare pour une star de cet acabit mais très courant chez lui. Le film, alors, dégage une grande tristesse lorsque la caméra s’échappe, laissant Roland seul, perdu sur le fort délabré et battu par les flots.





vendredi 15 mai 2020

La Révolution française (R. Enrico et R. Heffron, 1989)




Film de commande très didactique mais sans grand intérêt autre qu'illustratif, La Révolution française propose une reconstitution appliquée mais sans saveur des principaux évènements de la Révolution. Le film se voudrait une vaste fresque, mais il n'est qu'un vaste cours, comme une mise en image de personnages, de moments clés, de grands discours. Bien sûr, cinématographiquement parlant, cela n’a pas beaucoup d’intérêt. Le film, en fait, semble avoir été réalisé pour un public de scolaires, que l’argument du bicentenaire aura permis de convoquer dans les salles.
De façon un peu étrange, la distribution fait la part belle aux nombreux acteurs de seconds rangs (Klaus Maria Brandauer, Peter Ustinov, Sam Neil, Christopher Lee, Michel Galabru, François Cluzet, Michel Duchaussoy, etc.) mais sans s’appuyer sur une ou deux grandes stars (comme le faisait le Danton de Wajda avec Depardieu). On retiendra, au milieu de ce petit monde, la belle composition de Jean-François Balmer qui interprète parfaitement un Louis XVI falot et dépassé.