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mardi 3 mars 2026

L'Escadron noir (Dark Command de R. Walsh, 1940)

 



Petit western de Raoul Walsh, qui vaut uniquement par la présence de John Wayne et par quelques scènes d’actions bien rythmées.
Pour le reste, le film s’apparente à un mélange de tons peu digeste (passant lourdement du drame à des gags redondants), construit autour d’une romance peu convaincante et d’une opposition de personnages simpliste (l’illettré intègre versus le lettré sans foi ni loi), le tout sur fond de récit historique (le film évoquant les ravages de la bande de Quantrill pendant la guerre de Sécession).



lundi 3 janvier 2022

Bungalow pour femmes (The Revolt of Mamie Stover de R. Walsh, 1956)





Centré sur un personnage de femme forte (Jane Russell, assez quelconque il faut dire), Bungalow pour femmes n’est guère prenant. L’idée force du film n’est pas très originale (Mamie Stover voit dans l’argent à la fois le moyen et la fin pour s’en sortir et ne parvient pas à s’affranchir de cette ambition). On pense par moment que le film va dériver et que l’appât de l’argent sera mis en concurrence avec la recherche d’une respectabilité, mais là n’est pas ce qui intéresse Raoul Walsh, qui fait replonger très vite son personnage dans son lieu de perdition.
La fin reste doublement surprenante, d’une part par l’absence de happy-end (l’amour ne triomphe pas) et, d'autre part, lorsque l’on comprend que Mamie a donné tout ce qu’elle a pu gagner, ce qui semble bien contraire à tout ce qu’elle aura montré jusqu’ici, elle qui est allée jusqu’à sacrifier son amour à ses ambitions.

On notera néanmoins la bonne séquence de l’attaque de Pearl Harbor qui intervient dans le film et la présence de personnages secondaires intéressants et qui ne demandaient qu’à être davantage fouillés (Bertha la tenancière du bar, Annalee la maitresse de Jim).

 

mercredi 22 août 2018

Le Roi et quatre reines (The King and Four Queens de R. Walsh, 1956)




Petit western de Raoul Walsh, qui se plait à peindre différents portraits de femmes, tout en glissant parmi elles Dan Kehoe, séducteur patenté (Clark Gable). Chaque personnage féminin personnifie un type de femmes, avec une attirance bien particulière. Le film joue évidemment sur la dichotomie habituelle des westerns, organisée autour des femmes cow-girls au tempérament fort, opposées aux femmes plus douces et qui permettent de fonder un foyer.
Mais le film manque d’un ressort certain : malgré une tentative de twist final, la fin, notamment, déçoit.

mardi 26 juin 2018

The Strawberry Blonde (R. Walsh, 1941)




Douce comédie de Raoul Walsh, teintée de romantisme, et dont l’ambiance un peu nonchalante est emplie d’une touche d’humour originale. Construit sur un grand flash-back, le film s’amuse avec ses personnages et le jeu d’opposition entre Rita Hayworth et Olivia de Havilland est très drôle : Biff (James Cagney) lorgne sur la première et se rabat sur la seconde.



Ce jeu entre deux femmes séduisantes et la double vengeance de Biff – à la fois en tant que dentiste mais aussi parce que la femme qu’il désirait ce révèle impossible à vivre – sont délicieux.
Raoul Walsh, loin de ses habituels rythmes emplis d'action, filme parfaitement James Cagney, lui aussi loin de ses habituels rôles de gangsters, impeccable dans le rôle d'un personnage volontiers ridiculisé. Il élargit ainsi sa palette d’acteur et annonce les rôles purement comiques qu’il jouera plus tard (Un, deux, trois de B. Wilder par exemple).


vendredi 4 août 2017

La Charge fantastique (They Died with Their Boots On de R. Walsh, 1941)



Remarquable film de Raoul Walsh, qui propose un héros hollywoodien parfait, avec Errol Flynn dans une composition typique, tout de panache, de grandeur, d'élan et de générosité franche et indomptable. Bien entendu le portrait du général Custer tel qu'il est dressé à l'écran est assez éloigné de la réalité historique, mais là n'est pas ce qui importe à Walsh. Ce qui compte, finalement, c'est de dénoncer tout ce qui s'oppose à Custer : les bassesses, l'arrivisme individuel et sans scrupule, les politicailleries et autres petits arrangements.
Walsh, avec une facilité narrative déconcertante, balaye une vingtaine d'années de la vie de son héros, depuis son arrivée à West Point jusqu'à la bataille légendaire de Little Big Horn, en passant par la guerre de Sécession et sa gloire au combat. La dimension épique du film explose dans les dernières scènes de bataille, très réussies. On reste captivé par la façon dont Walsh gère son film, à l’héroïsme facile et si hollywoodien. Une alchimie se fait et la sauce prend : le film est réjouissant et bien loin de toute naïveté superficielle.


On remarquera combien le héros s'éteint dès lors qu'il est éloigné de l'action, et sombre dans l'alcool. De même le capitaine Conan de Bertrand Tavernier s'écroule dès lors que la première guerre mondiale est terminée. On a là deux exemples de personnages (par ailleurs très différents, l'un tout de panache, l'autre jusqu'au boutiste) incapables de vivre en dehors de l'action.


mardi 11 juillet 2017

La Fille du désert (Colorado Territory de R. Walsh, 1949)




Western qui reprend des éléments très classiques du genre mais qui l’enrichit par une trame qui doit beaucoup au film noir, avec le fatalisme qui s’abat sur Wes McQueen, son destin lié à Colorado et le final tragique et sacrificiel. On sent l’influence inévitable du film dont il est le remake, La Grande évasion, du même Walsh, qui était un pur film noir.
L’aisance narrative et la concision de Walsh font mouche. Il est capable de reprendre en quelques scènes des moments classiques du western comme l’attaque de la diligence ou le hold-up d’un train. Le personnage central de Wes (avec un Joel McCrea impeccable) s’épaissit progressivement, au fur et à mesure qu’il tente de s’amender, de construire quelque chose, mais s’en parvenir à échapper à son passé.



Walsh parvient à utiliser le décor du western pour donner au film une dimension étrange, parfois fantastique, comme un environnement implacable duquel on ne peut s’échapper, de même que Wes, qui est incapable de tourner le dos à son passé qui le rattrape inéluctablement. Cette expression ultime de l’enfermement d’un personnage au travers d’un paysage noir et blanc sans cesse plus minéral (Walsh avait joué de la même façon avec le décor dans La Vallée de la peur)  donne un ton très sombre et pessimiste au film.

vendredi 23 juin 2017

Les Fantastiques années 20 (The Roaring Twenties de R. Walsh, 1939)




Classique du film de gangster sur fond de prohibition, incarné par un James Cagney tout feu tout flamme dans un rôle qui lui collera longtemps à la peau.
L’énergie débordante du film, la facilité narrative de Walsh, le bondissement d’action en action et la construction progressive des personnages qui percent dans le milieu clandestin rendent le film frénétique et happant. Plusieurs scènes sont légendaires (la fabrication d'alcool dans une baignoire, le fameux pamplemousse écrasé sur le visage de Panama). James Cagney (secondé par Bogart dans un rôle éloigné du mythe qu’il construira plus tard) est magistral, il donne le ton juste à la vitalité, à la folie et à l’ambition arrogante et franche de Eddie, construisant ainsi LA figure du caïd, qui restera longtemps ancrée dans les mémoires. 


lundi 14 décembre 2015

La Vallée de la peur (Pursued de R. Walsh, 1947)




Western magistral et fondamental, La Vallée de la peur est l’un des premiers à emmener le western hors de ses sentiers habituels, préfigurant les grands westerns névrotiques qui viendront quelques années plus tard (ceux d’Anthony Mann notamment).
Drame filial et psychanalytique, le film vient flirter du côté du film noir et, au travers de la destinée du héros, confine à la tragédie grecque.
Cette haine dont Grant Callum l'accable, le héros doit la subir tel un destin qui lui échappe, tout en cherchant à comprendre son histoire, qui lui revient à lui comme autant de visions qui le hantent. Et Jeb (formidable Robert Mitchum, qui a le regard perdu de celui qui ne parvient pas à échapper à ce qui lui arrive) est tiraillé entre la fuite et ce destin inexorable qui l’oppresse. La complexité du récit mêle les souvenirs de Jeb et tous ceux qu’il a à affronter, jusqu’à Thorley, qui rêve d’assouvir une vengeance (étonnante image que celle du marié qui apporte à sa femme un revolver sur un plateau d’argent). Et le film, alors, dépasse rapidement une simple histoire de vengeance, et devient obsessionnel et psychanalytique.


Le paysage, si fondamental dans le western, n’est plus une terre inconnue ou un espace à conquérir, mais le tréfonds de l’âme de Jeb, qu’il ne parvient pas à sonder. Les ciels sont noirs, l’environnement âpre, minéral et dur. Avec la bande originale, cela crée une ambiance qui enserre le héros dans sa tragédie. La Vallée de la peur, western sans équivalent, derrière cet horizon noir, semble ainsi revenir jusqu'aux confins des mythes les plus enfouis.



dimanche 6 septembre 2015

Aventures en Birmanie (Objective Burma de R. Walsh, 1945)




Voilà un excellent film de guerre. Bien sûr c’est un film de propagande, réalisé à chaud, sans recul. Alors, évidemment, les Américains sont des héros et les Japonais des salauds. Bien, mais là n’est pas l’essentiel.
L’essentiel est dans le film lui-même qui présente l’action de guerre de manière sèche, sans autre ambition que de filmer une course-poursuite à travers la jungle. Et l’énergie et la fougue du film sont exceptionnelles.

Il semble qu’aujourd’hui on ne cherche plus à simplement filmer l’action de la guerre (peut-être encore dans La Chute du faucon noir de R. Scott, mais c’est assez rare). Filmer la guerre est bon pour les séries B et l'on est toujours soupçonné d'en faire l'apologie. Aujourd'hui on cherche, voyez-vous, à faire passer un message sur la guerre. On pourrait s’amuser à détourner l’expression d’André Bazin qui parlait de « sur-westerns » à propos de westerns qui vont plus loin qu'un simple western classique : on est passé dans le « sur-film de guerre », où la simple description des combats ne suffit plus, il faut justifier de montrer la guerre en cherchant à délivrer un message.
Alors bien sûr le risque est grand que le film finisse par dire un peu bêtement que la guerre, c'est mal. On y a droit dans Joyeux Noël par exemple, qui nous offre un message sucré, bien dans l’air du temps mais en soi complètement inintéressant. On remarquera la faille d’ailleurs : monter en épingle un événement qui a existé mais de façon tellement rare et ponctuel qu’il en est exceptionnel. En effet, qu’il y ait eu, sur quatre ans de guerre et plusieurs millions de combattants des moments ponctuels de fraternisation, certes, mais que cherche-t-on à prouver ? Que la guerre est absurde ? Qu'elle est une folie ? Voilà une idée puissante et innovante !
Mais on le sait : raisonner à partir d’une exception ne mène jamais très loin. Dans Les Sentiers de la gloire Kubrick fait la même erreur : y sont accumulés une série improbable d'événements rares qui, additionnés, rendent la thèse du film bien fragile. Mais Kubrick s’en sort (au-delà de la qualité formelle du film) par le propos qu’il cherche à dégager : c’est une réflexion sur le sens du devoir, sur le sens des responsabilités, et, surtout, ce n’est pas un film contre la guerre mais contre le fonctionnement de l’armée (il n’est pas pacifiste, mais antimilitariste).

On préférera alors les films qui montrent une réalité beaucoup plus crue : Capitaine Conan nous parle des nettoyeurs de tranchées, de ceux qui ne font pas seulement la guerre mais la gagne. Le personnage du capitaine Conan (joué par un très bon Philippe Torreton) ne vit que par la guerre. On pense évidemment au sergent Croft (joué par Aldo Ray) dans Les Nus et les morts, à propos duquel J. Lourcelles explique très justement qu’il montre à quel point il n’y a pas de vision humaniste possible de la guerre. De même le colonel Kilgore dans Apocalypse Now ou encore le sergent instructeur Hartman dans Full metal Jacket. Ce sont des furieux, des guerriers. Incongrus dans notre vie de tous les jours où ils n’ont pas leur place (voir la fin de Capitaine Conan), violents, durs, agressifs. Certes, mais il en faut pour gagner des guerres. Il faut se souvenir de la réplique du lieutenant à l’adresse du sergent jusqu'au-boutiste dans Cote 465 de A. Mann : « Que Dieu nous protège si, pour gagner cette guerre, il faut des gars comme vous ».

Mais là, c’est sûr, on touche une idée bien éloignée de l’actuel pacifisme ambiant « obligatoire », qui s’avère en fait bien naïf.

lundi 23 février 2015

Capitaine sans peur (Captain Horatio Hornblower de R. Walsh, 1951)



Capitaine sans peur Affiche Poster

Bon film maritime, très hollywoodien, empli de belles batailles navales, d’honneur d’officier, d'évasion, de voyages épiques.
Même si Gregory Peck est un acteur charismatique qui campe un bon capitaine Hornblend, il nous entraîne moins cinématographiquement qu’un Errol Flynn par exemple, dont il n’a pas la fougue, ou surtout qu’un Gary Cooper, à côté duquel G. Peck apparaît trop lisse.
Si le film est réussi, il n’a pas le supplément d’âme d’autres films de Walsh.

lundi 15 décembre 2014

Les Nus et les Morts (The Naked and the Dead de R. Walsh, 1958)



Les Nus et les morts Affiche Poster

Très bon film de guerre, qui conjugue l’épique et la réflexion sur la guerre. Il n’y a plus l’énergie qu’il y avait dans Aventures en Birmanie, mais c’est maintenant le temps de la réflexion pour Walsh.
Le sergent Croft est la pierre angulaire du film, qui s’articule autour de trois personnages qui sont trois visions des hommes faisant la guerre. Et le film nous laisse dans l’expectative, avec ce sergent trop dur, trop violent, mais qui, il faut bien dire, permet les victoires.
Walsh a bien avancé depuis Aventures en Birmanie, où le récit était simple et lucide (tout en étant très réaliste quant à la dureté de la guerre et en s’attachant aux hommes). Ici les ambiguïtés sont exposées tout au long du récit, et jusqu’à la fin. Que faire du sergent Croft (que Aldo Ray, déjà très bon dans Nightfall, et qu’il préfigure dans Cote 465, campe de façon inoubliable) ? Faut-il le regretter, dans sa dureté jusqu’au-boutiste et sa violence ; ou faut-il l’espérer parce qu’il est nécessaire ? La guerre est une folie mais enfin quand une guerre est engagée il faut bien la gagner. Le film nous laisse avec nos interrogations, entre la vision humaniste du lieutenant et la version « sang et tripes » du sergent.

On est sidéré de la naïveté (pour ne pas dire la niaiserie) de certains films de guerre plus récents qui veulent propager un message simpliste (le plus souvent un réquisitoire pacifiste, bien dans l’air du temps) quand d’autres films, comme celui-ci, prennent le parti d’une véritable réflexion.

Aldo Ray Les Nus et les morts


jeudi 13 novembre 2014

L'Enfer est à lui (White Heat de R. Walsh, 1949)




Extraordinaire film, qui met en scène un des premiers vrais psychopathes, poursuivant le chemin tracé par Richard Widmark dans Le Carrefour de la mort de H. Hathaway, mais en donnant à ce personnage une place centrale. Le film commence comme un polar des années 30, ceux dans lesquels le même James Cagney a posé les bases de son rôle typique de gangster, avec R. Walsh déjà, par exemple dans Les Fantastiques années 20, ou avec W. Wellmann dans L’ennemi public. Mais très vite le film transcende le genre en apportant une touche délirante, déviante, névrosée, qui entraîne tout le film.
Ce prototype de méchant au centre du film dépasse largement le gangster, ouvre une porte nouvelle dans le cinéma de genre. Le personnage de psychopathe a depuis été décliné mille fois, jusqu’à devenir une tarte à la crème du méchant. Mais ces psychopathes n’ont souvent plus aucune substance, ces personnages ne justifient en rien leurs actes : ils sont psychopathes, voilà tout. Rien de tout cela dans L'Enfer est à lui, où c’est la relation de Cody Jarrett à sa mère qui l’entraîne dans sa névrose.
Quand on voit Joe Pesci dans ses rôles déjantés de mafieux bouillonnant et incontrôlable dans Les Affranchis ou Casino, on pense à ce taré de Cody Jarrett. La célèbre image finale est l’aboutissement parfait du film. Comme le dit très bien J. Lourcelles « les valeurs héroïques (courage, ténacité, audace, ascendant sur les femmes) ont toutes évolué négativement vers la monstruosité ».

L’un des tout meilleurs Walsh, assurément, qui vient conclure en apothéose un genre et en annoncer un nouveau.


samedi 30 août 2014

Les Aventures du capitaine Wyatt (Distant drums de R. Walsh, 1951)



Les Aventures du Capitaine Wyatt Walsh Poster

Remarquable chef d’œuvre de Walsh, très certainement un des plus grands films d’aventures. Le film est une variation – en passant du film de guerre au film d'aventures d’Aventures en Birmanie, et on y retrouve le même rythme, la même énergie, mais avec l’exotisme en plus.
Et Gary Cooper est parfait, comme toujours : sobre, calme, serein. Son personnage est d’emblée présenté comme un surhomme, mais, en fait de surhomme, on découvre que sa force est ailleurs : Wyatt est un homme apaisé.
C'est que Walsh parvient, même dans un récit tendu et qui ne s'essouffle jamais, à épaissir ses personnages, à leur donner une dimension supplémentaire. Cette façon d'utiliser les rebondissements de l'histoire pour révéler les personnages se retrouve dans de nombreux films du réalisateur et en font une de ses forces : il peut ainsi enrichir considérablement ses films, qui deviennent bien plus que simples films d'aventures ou d'action.

samedi 3 août 2013

Sabotage à Berlin (Desperate Journey de R. Walsh, 1942)




Très bon film de guerre de Raoul Walsh, qui propose un film de guerre plein d’actions et d’élan. Un groupe d’aviateurs anglais est envoyé bombarder une gare allemande, leur avion est abattu et les voilà coincés loin derrière les lignes ennemies. Le film, alors, vole d’actions en actions, rebondissant sans cesse, conduisant des actes de sabotages, volant des voitures, montant dans un train, se faisant arrêter et s’évadant, assommant ou tuant bon nombre d’Allemands, sans un temps mort, parce que les lois de la guerre imposent de nuire au maximum à l’ennemi. Et, toujours, porté par un Errol Flynn fidèle à lui-même, le ton est narquois, presque joyeux – alors qu’il y a bien des morts, y compris dans le groupe qui se réduit de plus en plus –, combinant une forme de plaisir fataliste qui prend les déconvenues ou les trahisons comme elles viennent, pour repartir de plus belle.
Le petit groupe d’acteurs, organisé autour d’Errol Flynn, secondé par Arthur Kennedy et Ronald Reagan, est très réussi.



De par son rythme et sa façon de rebondir d’actions en actions, on pense à Indiana Jones (en particulier le troisième opus de ses aventures, de par ses démêlés avec l’Allemagne nazie) et on s'amusera de voir que, au travers de plusieurs points communs, Sabotage à Berlin semble parfois être un terreau d’idées que l’on retrouvera dans La Grande Vadrouille (un groupe d’aviateurs anglais perdus, leur façon plaisante de prendre l’aventure ; diverses situations traitées de façon similaire).
Loin de l’éloge glorieux d’Aventures en Birmanie ou de la réflexion sur la guerre elle-même comme dans Les Nus et les Morts, le film de guerre est ici décliné en une suite d’actions ininterrompue.

mercredi 23 janvier 2013

Gentleman Jim (R. Walsh, 1942)




Très bon film de Raoul Walsh qui continue de réaliser des films réjouissants avec Errol Flynn en vedette. Ici il exprime un grand classique du rêve américain, avec un jeune défavorisé qui, par le talent de ses poings, va devenir une star.
Walsh maîtrise complètement son sujet, jouant avec aisance sur les variations de  rythme ou de tons, sur la succession de scènes de bagarre ou de saynètes drôles. S’il construit un parcours merveilleux pour son héros, il ne le ménage pas pour autant, montrant sa rustrerie, son insolence ou son caractère parfois insupportable. Errol Flynn d’ailleurs, très à l’aise et tout feu tout flammes, trouve ici un personnage qui lui va comme un gant puisque de nombreuses qualités ou défauts se retrouvent aussi bien chez l’acteur que chez le personnage.



Le San Francisco de la fin du XIXème siècle est parfaitement rendu, de même que le développement de la boxe qui, de clandestin, devient progressivement un sport reconnu et encadré par des règles strictes. Dans les combats de boxe proprement dits, Walsh insiste uniquement sur le jeu de jambes légendaire de Jim, qui s’oppose aux techniques plus rustiques et violentes de ses adversaires.
Si le film de boxe illustre bien souvent la trajectoire victorieuse telle qu’exprimée ici, Gentleman Jim, par son rythme, sa décontraction, sa maîtrise, le jeu de son acteur principal constitue un des plus grands films du genre, aux côtés de Nous avons gagné ce soir, Fat City ou Raging Bull.