Affichage des articles dont le libellé est Tanner Alain. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Tanner Alain. Afficher tous les articles

mercredi 25 mai 2022

Charles mort ou vif (A. Tanner, 1970)

 



Alain Tanner, pour son premier long métrage, prend d’emblée la ligne directrice qui sera souvent la sienne : il capte la trajectoire d’un personnage qui n’est pas réellement un marginal mais qui fait un pas de côté par rapport à la société.
Il s’intéresse ici, avec originalité, à un vieil homme, au soir de sa vie active, poussé par son fils qui veut reprendre le flambeau de l’usine. Et rien ne se passe comme nous le dit souvent le cinéma (et, peut-être, la vie réelle) puisque le père quitte ses responsabilités, fuit sa famille et laisse le monde tourner sans lui.

Tanner capte un peu l’humeur révolutionnaire de l’époque et son personnage fuit tout ce qui compose le monde normatif, appliqué et programmé pour devenir un autre lui-même, en marge, apaisé et déssillé.

Le film a cette beauté profonde d’un personnage qui se révèle, change du tout au tout et se met à vivre. Suivant Rimbaud, Charles Dé n’est, tout à coup, plus guidé par les haleurs et il peut s’en aller danser sur les flots, à sa façon, à son rythme, et rêver la nuit verte aux neiges éblouies.



jeudi 12 août 2021

Le Retour d'Afrique (A. Tanner, 1973)



Si le film, au premier abord, semble étrange, il est en réalité tout à fait raccord avec bon nombre des réalisations d’Alain Tanner. Le Retour d’Afrique évoque l’échec, le vide ou les moments ratés de la vie, un peu comme le faisait La Salamandre, Charles mort ou vif ou encore ou Dans la ville blanche. C’est là une des belles réussites de Tanner que d’illustrer à l’écran la maxime qui nous dit que la vie c’est, lorsque l’on prévoit l’avenir, tout ce qui se déroule en dehors de ce qui était prévu. Ici, pour Vincent et Françoise, leur échappée belle, leur envie de tout plaquer pour s’ouvrir de nouveaux horizons et leur envie d’exotisme entrainent un enfermement, une claustration insupportable, coincés qu’ils sont dans leur attente, dans cet entre-deux dont ils ne savent que faire. Et, un peu comme dans La Modification de Butor, progressivement, ils comprennent que la vie ne basculera pas dans le sens qu’ils souhaitaient et qu’ils ne partiront jamais. Ce moment en suspens et cette modification progressive sont très bien rendus par Tanner de même que les forces souterraines, insaisissables, qui sont à l’œuvre et empêchent la vie d’être pleine, sereine et emplie des rêves que l’on a.