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mercredi 20 septembre 2017

Halloween : La Nuit des masques (J. Carpenter, 1978)




Film culte incontournable parmi les films d’horreur des années 70 (au milieu des quelques autres de George Roméro, Tobe Hooper, William Friedkin ou Wes Craven). Son succès popularise à Hollywood le sous-genre du slasher movie (genre né en Italie autour des films de Bava ou Argento).
John Carpenter met en place un personnage (Mike Myers), une image choc (le masque de Mike) et une musique entêtante qui fera florès. Il s’appuie sur un prologue exceptionnel qui propose à la fois ce qui sera la séquence archétypale du slasher hollywoodien (le meurtrier, en caméra subjective, qui rôde autour de la maison, parcourt les pièces et tue au couteau) tout en la personnalisant parfaitement avec la révélation du meurtrier enfant.
C’est ainsi que Carpenter continue de travailler l'un de ses motifs favoris (la présence du Mal, à la fois inexplicable et impossible à éradiquer) qu’il libère dans une americana bientôt ensanglantée et tailladée.
Le film contient aussi une part d’irréalité et de fantastique (installée d’emblée par la révélation du visage d’ange du garçon-tueur) qui confère une aura particulière au film.



Entre les nombreux remakes, suites ou simples films qui exploiteront le filon, il faut noter le très bon remake de R. Zombie qui parvient à saisir l’humeur du film de Carpenter.

lundi 20 octobre 2014

Invasion Los Angeles (They Live de J. Carpenter, 1988)



Invasion Los Angeles Poster Affiche

Petit film de John Carpenter mais avec une excellente idée de base qu'il développe remarquablement. Elle lui permet une dénonciation (qui est en elle-même convenue) par un biais très original de l'Amérique reaganienne. John Nada, par hasard, découvre que des extraterrestres ont envahi la terre et asservissent l'homme à son insu. La mise en route est un peu lente, mais ensuite le film est très réussi. Et la découverte de l'asservissement extraterrestre par John Nada est très amusante.
Aujourd’hui que les complotistes peuvent s’en donner à cœur joie – internet aidant –, le film prend une dimension ironique nouvelle en développant ce thème d’un complot des extraterrestres.
Les messages subliminaux que découvrent John Nada et qui sont véhiculés par les publicités rejoignent la réalité (tout en la dépassant, c’est là la réussite de la dénonciation).

Quand John Nada chausse les lunettes qu'il a trouvées,
la vue qui s'offre à lui est bien différente de la réalité...
Il y a quelque chose du western (comme dans beaucoup de films de Carpenter) dans le parcours de John Nada qui veut ensuite révéler la vérité (vérité entrevue par le biais des lunettes, ce qui est une très bonne idée visuelle et une belle mise en abyme : l’image nous ment, sauf à savoir la décoder).

La très longue bagarre entre les deux amis est un bel exemple du dédain de Carpenter pour la logique scénaristique (qu’importe l’incohérence momentanée de la scène, voici 10 minutes (!) où il se fait plaisir) : en refusant de simplement chausser les lunettes, Franck refuse de voir les choses telles qu’elles sont. On tient là une accusation des humains aussi bien que des extraterrestres : par leur lâcheté, leur individualisme, leur repli sur soi, les humains sont eux aussi coupables de leur asservissement, tout autant que les extraterrestres qui complotent et les exploitent.

Invasion Los Angeles

vendredi 4 juillet 2014

The Thing (J. Carpenter, 1982)




Très bon film de John Carpenter, qui propose un mélange détonnant de science-fiction et d'horreur. En reprenant la trame du film de Howard Hawks La Chose d’un autre monde, Carpenter utilise le huit-clos pour y développer de façon spectaculaire sa « chose » qui vient envahir la petite station de scientifiques perdue dans le désert glacé. Le film de Hawks montrait peu cette chose et se contentait de développer les réactions de défense des scientifiques. Ici Carpenter se plaît à montrer l'horreur de sa chose, à grands coups d'effets spéciaux : on est dans l'apothéose des effets spéciaux non numériques.


La froideur grise et glacée de la station renforce la menace terrible qui pèse sur les scientifiques, qui sont décimés par une chose à la fois omniprésente et indiscernable. En proposant un extra-terrestre capable de prendre forme humaine, le film reprend ainsi une idée classique du cinéma de science-fiction et largement développée par exemple dans L'Invasion des profanateurs de sépultures de Don Siegel ou Le météore de la nuit de J. Arnold. Le ressort principal du suspense devient alors, au fur et à mesure de l'avancée du film, la même interrogation décisive pour chaque personnage (« mon interlocuteur est-il humain ? ») que pour le spectateur (« qui est humain, qui est la chose ? »).


On notera que, à la fin du film, il importe peu de savoir lequel des deux survivants est la chose et lequel est bien humain (quand bien même on peut gloser sur les différents indices laissés par le film, par exemple sur la présence ou non du nuage de condensation lors de la respiration), puisque, pour Carpenter, il est manifeste que la chose a gagné. 


lundi 9 septembre 2013

Fog (The Fog de J. Carpenter, 1980)




Fog fait partie des films intéressants de John Carpenter. Il est un bon résumé de ses forces et faiblesses habituelles. Il distille en effet une atmosphère tendue assez réussie et il a le bon goût de ne pas en faire trop. Et le film s’arc-boute sur un principe simple (et qui est à la base de nombreux films de Carpenter) : le Mal est là, il se manifeste et il faut lui échapper.
Ici il s’agit d’une malédiction avec des marins fantômes qui reviennent chercher le butin qui leur fut volé jadis. Et cette nappe de brouillard qui s’étend et emmène avec elle son cortège de marins est très réussie visuellement.


Si ce ressort scénaristique est efficace, il est aussi une limite à ce type de film : tout le jeu du film consiste simplement à échapper à ce Mal. Certains en réchappent, d’autres non, le plus souvent de façon tout à fait attendue (même si les effets sont assez réussis). Et il n’y a pas grand-chose d’autre à attendre ou à trouver derrière ce film. Si l’on sait la passion de Carpenter pour le cinéma de Hawks et son attention au montage ou au cadrage, on n’en regrettera pas moins que ces films dépassent bien rarement le simple divertissement (Invasion Los Angeles pouvant constituer une exception intéressante). George Romero, par exemple, si l’on veut le comparer en ce qu’il est lui aussi adepte des films d’horreur à petits budgets, l’air de rien, propose un regard sur la société assez glaçant.

mercredi 21 août 2013

Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin (Big Trouble in Little China de J. Carpenter, 1986)




Minuscule série Z de John Carpenter, à la fois vaine et kitsch. Carpenter lorgne vers la comédie, mais ce film fourre-tout, pastiche des films d'aventure, tourné avec une dérision assumée, fatigue terriblement. Et que Carpenter ait parfaitement conscience de réaliser un nanar parodique ne change pas grand-chose à l’affaire. On notera que, pour une fois dans sa carrière, Kurt Russel semble changer légèrement de registre (en campant un anti-héros au lieu des rustauds habituels).
Carpenter, capable du meilleur (The Thing), est décidément capable du pire. On comprend qu’après un tel film les studios lui aient claqué la porte au nez.

vendredi 19 avril 2013

Dark Star (J. Carpenter, 1974)




Ce premier film de John Carpenter, tourné avec trois francs six sous, est assez moyen, malgré quelques éléments intéressants. Visuellement on retrouve les éléments classiques des films de science-fiction du début des années 70, typiquement hérités de 2001, avec une jolie maquette qui évolue lentement et silencieusement dans l’espace. L’univers d’ailleurs reste bien lent : non seulement le déplacement des vaisseaux, mais aussi les différentes procédures ont considérablement vieilli (il faudra attendre La Guerre des étoiles pour voir un peu plus de mouvements). Le rythme du film lui-même est très lent (comme souvent, à cette période), avec certaines séquences trop étirées, la séquence de l’ascenseur par exemple. Mais le film, issu d’une fin de travail universitaire, est fait de raboutages pour avoir l’allure d’un long métrage à la durée conventionnelle. Et si le film montre un certain réalisme dans le souci de confinement du cockpit, le reste du vaisseau (avec le campement de fortune fait de lits de camps…) laisse à désirer.
Le film puise une certaine inspiration dans 2001, avec même une distance ironique, au travers des discussions de l’équipage avec la bombe, qu’il faut convaincre de ne pas se faire exploser. Dark Star distille une certaine mélancolie et un humour que l’on retrouve aussi bien dans les discussions métaphysiques avec la bombe, dans l’alien en forme de ballon gonflé (où, malgré tout, l’humour cache mal la qualité cheap du film) ou encore dans l’idée finale, amusante et bien trouvée, du surfeur (qui évoque l’image finale du Docteur Folamour de Kubrick).



On trouve dans Dark Star quelques images très intéressantes qui seront pour certaines reprises dans La Guerre des étoiles avec beaucoup de succès, notamment l’idée de l’hyperpropulsion (dont, visuellement, l'accélération est très similaire dans le film de George Lucas) ou la destruction de planètes.