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mercredi 4 décembre 2024

Hier, aujourd'hui et demain (Ieri, oggi, domani de V. De Sica, 1963)





Comédie en trois sketchs qui mettent à chaque fois en scène Sophia Loren et Marcello Mastroianni. Le premier sketch montre nettement l’inspiration néoréaliste qui fut à l’origine des comédies italiennes. Il est sans doute le plus réussi des trois même si l’on est bien loin de la légèreté et de la facilité des grandes réussites du genre. Ici la répétition devient pesante, même si l’argument du sketch (tiré d’une histoire vraie !) est très bien vu. Les deux autres sketchs, plus facilement corrosifs, glissent du côté des bourgeois. Et si la scène où Sophia Loren fait un strip-tease (interrompu) devant un Marcello en transe est célèbre, le sketch lui-même n’est pas très enthousiasmant.


samedi 26 octobre 2024

Il boom (V. De Sica, 1963)

 



Vittorio De Sica, célébré pour ses films néoréalistes, a ensuite suivi le mouvement des comédies italiennes. Il boom est sans doute sa meilleure réussite, en portant un regard corrosif et très sévère sur l’Italien moyen qui, au milieu des glorieuses années 60 italiennes, veut devenir, en un claquement de doigt, l’égal des grands bourgeois et est prêt à tout pour y parvenir. De Sica construit parfaitement son personnage : Giovanni a de l’ambition mais il n’est pas capable, il aimerait en être mais il n’en est pas. La fin, très réussie, est particulièrement dure.
Dans cette farce cynique, l’abattage d’Alberto Sordi est extraordinaire et il rend crédible ce personnage de Giovanni par la richesse de son jeu où se mélangent à la fois le hâbleur et le lâche, le désespéré et le fier, le timide et l’hypocrite. Très peu d’acteurs sont à ce point capable de nuances et d’intonations différentes, ici pour montrer tout ce qui bouillonne et se contredit dans le crâne de l’infortuné Giovanni.


lundi 26 août 2024

L'Or de Naples (L'oro di Napoli de V. De Sica, 1954)

 



Cette comédie italienne qui se veut une peinture en plusieurs tableaux est assez moyenne et inégale. On comprend l’ambition, tableau après tableau, de dresser un portrait composite et haut en couleur de Naples, mais l’ensemble n’est pas vraiment convaincant, malgré de bonnes séquences.

 

lundi 4 avril 2022

Les Enfants nous regardent (I bambini ci guardano de V. De Sica, 1944)

 



Film à la fois très sobre et touchant de Vittorio De Sica, qui annonce ses futurs films néoréalistes. Ici De Sica est encore fidèle à un regard sur la société qui l’empêche de se libérer totalement : il reprend les manières de faire de l’époque (issue du cinéma marqué par le fascisme), reste dans les intérieurs, se concentre sur les familles. Disons qu’il n’a pas encore franchi le pas : bientôt il sortira dans la rue pour la filmer directement l’Italie, avec le génie que l’on sait.
Notons que, déjà, De Sica se concentre sur le regard porté par un enfant sur le monde adulte, angle de vue qu'il reprendra dans Sciuscià ou, bien sûr, Le Voleur de bicyclette.



samedi 6 novembre 2021

Madeleine, zéro de conduite (Maddalena… zero in condotta de V. De Sica, 1940)

 



Amusante et légère comédie de Vittorio De Sica qui contraste avec l’image habituelle du réalisateur, souvent indissociable des drames du néoréalisme.
Ici non seulement le ton est léger, mais le scénario est une sorte de rêve (puisque Elisa, qui écrit des lettres amoureuses à une personne qui n’existe pas, voit débarquer cette personne, bien réelle, et tomber amoureuse de ces lettres enflammées). Il y a une dimension de conte de fée dans le film, qui contraste avec la terrible période de l’Italie au cœur de la guerre.

Rythmée par des quiproquos, cette comédie, certes superficielle, fait planer un ton de fraicheur sur des temps bien sombres.







mercredi 13 janvier 2016

Le Voleur de bicyclette (Ladri di biciclette de V. de Sica, 1948)



Le Voleur de bicyclette Vittorio De Sica Affiche poster

Un des plus beaux films du néoréalisme italien et l’un des plus touchants du cinéma. De Sica filme l'errance à travers les rues de Rome d'un homme et de son fils, à la recherche d'une bicyclette volée. Les deux acteurs principaux (le père et son fils), non professionnels, sont remarquables.


Le Voleur de bicyclette Vittorio De Sica Affiche

Le miracle du film est que De Sica part d'une situation très simple : un chômeur, parmi des milliers d'autres, a trouvé une place à condition qu'il ait une bicyclette. Mais on lui vole sa bicyclette. Il part alors à la recherche de sa bicyclette, accompagné de son petit garçon.
De Sica parvient à donner une portée universelle à ce drame intime et personnel en filmant non seulement la recherche de l'objet volé, mais, de manière plus profonde, la relation entre Antonio et son fils. En effet, le cœur du film, au-delà de la perte d'un travail à cause d'un vol, c'est que De Sica, merveilleusement, parvient à capter le regard du garçon sur son père. Et ce n’est pas seulement parce qu'il se retrouvera au chômage qu'Antonio est désespéré, c’est aussi parce qu'il est humilié devant son fils.
Antonio est ainsi humilié socialement par l'injustice du vol subi et contre lequel il n'y a rien à faire, mais il est aussi humilié humainement devant son fils. L'émotion profonde du film vient de cette relation entre le père et son fils, et l'accablement qui grandit chez le père, au fur et à mesure de la recherche infructueuse, vient de l'humiliation d'un père d'échouer devant son fils. C'est là que réside l’humanité profonde qui émane du film.
Le petit garçon, en toute fin de film, dans un geste humble et touchant, prend en silence la main de son père.


Le Voleur de bicyclette Vittorio De Sica Affiche

lundi 28 juillet 2014

Umberto D. (V. De Sica, 1952)




Ce film éblouissant, grand chef-d'oeuvre du néoréalisme, est l'un des plus touchants et des plus universels du cinéma.
Une fois encore De Sica peint ce qui semble être une errance, une course vers le vide d'un pauvre homme, à qui il ne reste plus rien, si ce n'est un petit chien, qui l'accompagne et, finalement sans doute, le sauve.


La séquence finale – la tentation du suicide auprès du train – est exceptionnelle à la fois par sa simplicité et par sa puissance : De Sica parvient à toucher le fond de l'âme humaine en quelques plans.