lundi 25 septembre 2023

Vatel (R. Joffé, 2000)

 



Si le film cherche à recréer l’ambiance de fêtes gigantesques et très abouties de François Vatel au service du Grand Condé – fêtes destinées à éblouir Louis XIV et sa cour –, l’on reste assez peu emporté par cette débauche de décors alambiqués et ces allers-retours entre les dorures de la cour et l’agitation des offices. Il y avait là pourtant un motif central à travailler, cœur de bien des films (à commencer par La Règle du jeu, matriciel entre tous). Surtout que Vatel lui-même, qui tout à la fois, se soucie du moindre commis et a l’oreille du prince de Condé, établit une liaison entre ces deux mondes qui ne se croisent pas. Mais Roland Joffé ne sait trop comment travailler ces deux mondes et l’ensemble apparaît bien superficiel. On comprend simplement que les petites gens des offices se sacrifient pour le bon plaisir de ducs et de marquis suffisants, intrigants et bien peu conscients des sacrifices qu’impose leur vie luxueuse.
Gérard Depardieu fait le boulot sans trop forcer, semblant peu inspiré par ce personnage qui, pourtant, pourrait l’inspirer. Il a bien du mal à montrer autre chose qu’un personnage affairé et coincé par ses obligations. Son petit jeu de séduction avec Anne de Montausier apparaît assez vain et parvient mal à s’insérer dans le propos du film.
La fin dramatique du personnage apparait très outrancière, arrivant soudainement et presque à brule-pourpoint, mais elle nous rappelle que, décidément, le vrai peut ne pas être vraisemblable.

 




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