
Magnifique fresque
de Bernardo Bertolucci d’une étonnante ampleur (et d’une durée considérable,
avec plus de cinq heures de film) et que le titre français évoque bien mal (à
l’inverse du titre italien, qui embrasse déjà le siècle).
Traversant
la grande histoire (en passant en revue des moments clefs et souvent tragiques
de l’histoire italienne de la première moitié du siècle), Bertolucci oscille
sans cesse entre lyrisme et tragique. Travaillant images, couleurs et
compositions, il peint des tableaux, les anime, les ralentit ou les rend
frénétiques. Il joue de sa caméra très mobile, fluide, filant aussi bien dans
les chambres des nobles que dans les basses-cours misérables. Et s'il traverse la grande histoire, c'est pour la mélanger sans
cesse avec la petite, suivant ses personnages au fur et à mesure qu’ils
grandissent, vieillissent et meurent.
On
regrette que le propos soit un peu caricatural puisque, invariablement, le
monde bourgeois est montré décadent et sans pitié quand c’est au paysan que,
tout aussi invariablement, va la noblesse d’âme et l’humanité.
Gérard
Depardieu est parfait, et l’on est surpris de voir Robert De Niro en fils de
noble, lui qui campe souvent des rôles populaires (auxquels son style convient
si bien). Mais il met ce qu’il faut de décadent, de pervers et d’ambigu dans son
personnage. Et, bien sûr, en fanatique exalté, Donald Sutherland est
exceptionnel.


































