Étonnant et
remarquable film de John Boorman, qui tranche avec beaucoup de ses autres
films (dans une filmographie, cela dit, qui ne manque pas de variations en tous genres). C’est qu’ici le film est centré sur un personnage et ne le lâche pas,
épousant même bien souvent son regard pour voir le monde autour.
Mais davantage que le
sujet (un riche héritier s’intéresse aux déshérités de son quartier) c’est le
traitement cinématographique par Boorman qui est captivant. La photo est
incroyable, dans des tons sombres et sépias, tandis que la caméra et le montage captent
parfaitement tantôt le désarroi et tantôt la frénésie.
Il y a bien
quelques éléments datés (un peu psychédéliques), quelques séquences un peu en
rupture et une dénonciation un peu facile (avec le portrait de la misère des rues
de Londres qui s'oppose à la décrépitude physique et morale des grands bourgeois
décadents) même si cette dénonciation ne se méprend pas (la naïveté de Léo qui veut faire sa
révolution). Mais Léo regarde
les oiseaux (pour détourner son regard des vautours qui l’entourent ?),
voit le monde à travers sa petite longue-vue, délire, s'emporte, tremble et le film avec
lui.
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