samedi 4 octobre 2025

Léo le dernier (Leo the Last de J. Boorman, 1970)

 



Étonnant et remarquable film de John Boorman, qui tranche avec beaucoup de ses autres films (dans une filmographie, cela dit, qui ne manque pas de variations en tous genres). C’est qu’ici le film est centré sur un personnage et ne le lâche pas, épousant même bien souvent son regard pour voir le monde autour.
Mais davantage que le sujet (un riche héritier s’intéresse aux déshérités de son quartier) c’est le traitement cinématographique par Boorman qui est captivant. La photo est incroyable, dans des tons sombres et sépias, tandis que la caméra et le montage captent parfaitement tantôt le désarroi et tantôt la frénésie.
Il y a bien quelques éléments datés (un peu psychédéliques), quelques séquences un peu en rupture et une dénonciation un peu facile (avec le portrait de la misère des rues de Londres qui s'oppose à la décrépitude physique et morale des grands bourgeois décadents) même si cette dénonciation ne se méprend pas (la naïveté de Léo qui veut faire sa révolution). Mais Léo regarde les oiseaux (pour détourner son regard des vautours qui l’entourent ?), voit le monde à travers sa petite longue-vue, délire, s'emporte, tremble et le film avec lui.

 

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