
Intéressante
adaptation d’un livre difficile à porter à l’écran : le roman est empli de
vide et d’attente, ce qui représente un écueil bien dangereux pour un
réalisateur.
Valerio Zurlini plonge parfaitement son
film dans une ambiance mélancolique, vaine, où tout s’éteint, où les rapports
humains s’amenuisent. Le fort, perdu au milieu de l’espace vide, est montré
comme un assemblage complexe de pièces, de salles et de couloirs dont on
comprend mal la connexion, et il semble happer et éteindre les aspirations des
soldats. Très vite le motif héroïque s’épuise et les hommes se vident et
deviennent lisses.
L’évocation des Tartares offre une rupture
visuelle (ce sont des silhouettes au loin, des lumières, un cheval blanc), tout
en restant empreinte de mystère.
François Perrin campe très bien le lieutenant Drogo, avec son air
ingénu et frêle, et il est parfaitement entouré par des acteurs majeurs (de Max
Von Sydow à Vittorio Gassman : la distribution est prestigieuse), acteurs
qui, tous, contribuent à construire cette ambiance faite de vacuité et
d’attente.
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