
Film-enquête
s’appuyant sur un fait réel, Grâce à Dieu est réalisé alors que la
procédure judiciaire est en cours. Il a même l’ambition de prendre part à la
procédure : le film cherche à témoigner en participant à l’action des
victimes qui ont porté plainte. Grâce à
Dieu apparaît ainsi comme un prolongement des actions menées, notamment au
travers des cartons en fin de film qui l’ancrent dans sa brûlante actualité. On
notera que c’est l’un des rares cas où, en France, l’actualité est traitée
presque en direct puisque des référés avaient même été déposés pour reporter la date de sortie du film.
C’est tout à fait exceptionnel en France où le cinéma nous a plutôt habitué à
ne traiter de l’actualité qu’avec retard (il faut parfois des années avant que
le cinéma ne se saisisse d’un évènement social ou d’un traumatisme) même si
cela a tendance à changer.
Le cœur du film est d’abord dans ce qui n’est pas dit (puisque les protagonistes se taisent depuis des années, ne parvenant pas à parler) et, ensuite et surtout, dans la parole non entendue. C’est donc une affaire de parole que cherche à capter François Ozon, plus que de pédophilie en tant que telle (ce sont les paroles adultes qui l’intéressent et non pas directement les enfants martyrisés). On notera d’ailleurs que la culpabilité du prêtre dans le film ne fait aucun doute : il ne nie rien et reconnaît ses fautes. Le sujet est donc sur l’incapacité de se faire entendre, pour les victimes, ou sur l’incapacité, pour les proches des victimes et les supérieurs du prêtre d’écouter, de comprendre et d’agir. Au centre de la dénonciation se trouve le cardinal qui flirte avec la non-contradiction aristotélicienne (les fait sont et, en même temps, ils ne sont pas) et qui cherche toujours à éteindre tout, de sorte que si parole il y a, elle n'ait surtout aucune conséquence. Le film ne ménage pas ses attaques contre lui (de même que les victimes qui l’ont conduit devant la justice).
Le cœur du film est d’abord dans ce qui n’est pas dit (puisque les protagonistes se taisent depuis des années, ne parvenant pas à parler) et, ensuite et surtout, dans la parole non entendue. C’est donc une affaire de parole que cherche à capter François Ozon, plus que de pédophilie en tant que telle (ce sont les paroles adultes qui l’intéressent et non pas directement les enfants martyrisés). On notera d’ailleurs que la culpabilité du prêtre dans le film ne fait aucun doute : il ne nie rien et reconnaît ses fautes. Le sujet est donc sur l’incapacité de se faire entendre, pour les victimes, ou sur l’incapacité, pour les proches des victimes et les supérieurs du prêtre d’écouter, de comprendre et d’agir. Au centre de la dénonciation se trouve le cardinal qui flirte avec la non-contradiction aristotélicienne (les fait sont et, en même temps, ils ne sont pas) et qui cherche toujours à éteindre tout, de sorte que si parole il y a, elle n'ait surtout aucune conséquence. Le film ne ménage pas ses attaques contre lui (de même que les victimes qui l’ont conduit devant la justice).
Mais l’un des choix scénaristiques n’est
pas très heureux : le film choisit de suivre successivement quatre adultes
ce qui, à travers leurs personnalités bien différentes, permet de montrer comment
une enfance meurtrie peut s’incarner dans un adulte. Mais cette façon de passer
d’un personnage à l’autre est assez peu captivant et trop convenu. Grâce à Dieu est alors un peu trop
convenu alors que son travail autour de la parole (dite, non écoutée et vaine)
était très bien vu. Enfin si le film cherche à éviter d’être une charge anticléricale trop violente il propose néanmoins quelques flash-backs inutiles et qui sont, pour le coup, assez grossièrement caricaturaux.
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