
La Femme flic pâtit – comme si souvent avec Yves Boisset – d’un sujet
traité avec beaucoup de lourdeur.
Centré sur Corinne Levasseur, le film démarre sur le
sujet pressenti par le titre : celui d’une femme frêle, effacée mais
tenace dans un monde d’hommes (Miou-Miou surjouant cette fragilité avec sa
petite voix et sa timidité). Mais, après la première séquence et la mutation de
Levasseur, le film change progressivement de sujet pour aller vers la
dénonciation des riches intouchables qui s’en sortent toujours (alors qu’ils
sont, pour juger de l’épaisseur du coup de pinceau qui peint les personnages, à
la fois pédophiles, proxénètes et tueurs d’enfants, excusez du peu).
Il n’est pas question, bien entendu (mais ce n’est
jamais le cas chez Boisset), de personnages gris, incertains, personnages qui
ne seraient ni tout à fait bons ni tout à fait mauvais (un puissant qui aurait
un bon fond par exemple), non, ils sont ici tous tout à fait blancs ou tout à fait noirs.
Et comme ils sont définis d’emblée comme tel, on suit le film sans grand
intérêt, comprenant aussitôt que chacun restera dans la case assignée par le
réalisateur.
La Femme flic, alors, retombe sur le propos d’un film comme Le Juge Fayard dit « le sheriff » dont
le sujet, in fine, était le
même : ici des dominants corrupteurs, là des dominants criminels, mais,
dans tous les cas, la dénonciation sans finesse des intouchables grands bourgeois de la province
coupables de mille exactions et qui, comme il se doit, ne sont pas inquiétés.
Dès lors on ressort du film lassé et un peu navré
qu’un sujet aussi grave soit traité avec autant de lourdeur et de partialité.
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