
Remarquable film de Tommy Lee Jones qui propose un
western contemporain à l’humeur assez sombre. Le récit est assez enchevêtré et la compréhension progressive de ce
qui s’est joué dans la première partie du film est très bien amenée.
Le cœur du film, ensuite, est bien sûr dans ce voyage
imposé par le contremaître Pete qui veut que son ami tué soit enterré sur sa
terre dignement (et non pas de façon rapide et cachée pour étouffer la sale
affaire de sa mort). Et, dans ce long voyage (entre le premier et le
deuxième enterrement), la trajectoire du policier Mike Norton (campé par un
Barry Pepper très bon dans un rôle difficile) est remarquable. Pourtant le
personnage de bad cop qu’il incarne au début du film est très forcé et n’omet aucune
tare (vicieux, violent, incapable de considérer autrui, odieux avec sa
compagne). Le film lui imposera un chemin de croix terrible qui permettra sa
rédemption et la naissance d’un nouveau Norton.
La transfiguration est telle en fin de film que l’on
se demande si, finalement, la motivation de Pete est bien d’enterrer dignement
son ami et non pas plutôt, justement, cette renaissance du bad cop en un homme
nouveau. Pour le réalisateur cela ne fait aucun doute : si le flic des
frontières part de si bas, c’est pour qu’il puisse finir en haut. On peut ainsi
reprocher au film cette construction basée sur de bons sentiments avec cet écart
entre le contremaître intègre et le bad cop qui est par trop caricatural.
Et le film choisit de s’écarter de la position
politique qu’il aurait pu abondamment soutenir pour prendre une trajectoire
plus universelle, très allégorique et même très ambitieuse : c’est à tout
le genre humain que s’adresse le cowboy angélique Tommy Lee Jones.
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