vendredi 29 août 2025

Aux yeux de tous (C. Jimenez, 2012)

 



Cédric Jimenez, pour son premier long métrage, prend un parti-pris esthétique radical et s’y tient tout. Ce parti-pris (qui rappelle celui, tout aussi peu convaincant, de De Palma dans Redacted) s’il tient en haleine les premières minutes, échoue cependant assez vite. C’est que l’on se lasse assez vite de cette profusion d’images qui défilent. C’est que, inévitablement, le procédé impose un montage assez frénétique (qui est par essence pénible sur la durée) et il nous maintient très loin des personnages qui nous semblent tout à fait étrangers, comme si le médium nous empêchait de s’en approcher et de ressentir ce qu’ils ressentent.

Jimenez abandonnera ce parti-pris qui ne mène en réalité pas bien loin pour, dans ses films suivants, revenir à une forme plus conventionnelle mais bien plus efficace et convaincante.
On notera alors que cette façon de se saisir d’images prises par des caméras de surveillance depuis les coins de rue ou depuis le plafond de halls d’immeubles, s’il peut captiver le temps d’une séquence et offrir un point de vue différent intéressant et en rupture, est limité et ne fonctionne plus à l’échelle d’un film (1).
Et il n'y a que la scène finale lorsque le hacker du scénario  qui jusqu'alors était comme un monteur dans sa salle de montage  nous est montré  directement, qui abandonne cette manière de faire pour retrouver une forme plus classique.




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(1) : Nous aurions un peu la même remarque critique à formuler pour les plans-séquences : s’ils peuvent être fascinants et envoûtants à l’échelle d’une séquence de quelques minutes, le plus souvent le procédé ne convainc guère – à cause de ses contraintes même –, lorsqu’il est utilisé à l’échelle de tout un film.

 

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