
Cédric Jimenez,
pour son premier long métrage, prend un parti-pris esthétique radical et s’y
tient tout. Ce parti-pris (qui rappelle celui, tout aussi peu convaincant,
de De Palma dans Redacted) s’il tient
en haleine les premières minutes, échoue cependant assez vite. C’est que l’on
se lasse assez vite de cette profusion d’images qui défilent. C’est que,
inévitablement, le procédé impose un montage assez frénétique (qui est par
essence pénible sur la durée) et il nous maintient très loin des personnages qui
nous semblent tout à fait étrangers, comme si le médium nous empêchait de s’en
approcher et de ressentir ce qu’ils ressentent.
Jimenez
abandonnera ce parti-pris qui ne mène en réalité pas bien loin pour, dans ses
films suivants, revenir à une forme plus conventionnelle mais bien plus
efficace et convaincante.
On notera alors
que cette façon de se saisir d’images prises par des caméras de surveillance
depuis les coins de rue ou depuis le plafond de halls d’immeubles, s’il peut
captiver le temps d’une séquence et offrir un point de vue différent
intéressant et en rupture, est limité et ne fonctionne plus à l’échelle d’un
film (1).
Et il n'y a que la scène finale lorsque le hacker du scénario – qui jusqu'alors était comme un monteur dans sa salle de montage – nous est montré directement, qui abandonne cette manière de faire pour retrouver une forme plus classique.
________________________________
(1) : Nous aurions un peu la même remarque critique à formuler pour les
plans-séquences : s’ils peuvent être fascinants et envoûtants à l’échelle
d’une séquence de quelques minutes, le plus souvent le procédé ne convainc
guère – à cause de ses contraintes même –, lorsqu’il est utilisé à l’échelle de
tout un film.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire