
Film un peu étrange de Peter Fleischmann qui, sans la
nommer mais en la montrant du doigt très directement malgré tout, emmène le
spectateur dans la Grèce de la dictature des colonels. Si l’idée d’un
inspecteur des services spéciaux qui convoie un homme pour se faire interroger
est en soi intéressante, le film manque d’un rythme bien clair, avec des
moments un peu éteints et il semble parfois hésiter et se perdre. Certaines
séquences semblent ratées (la bagarre entre Piccoli et Adorf) et même un peu
ridicules. Fleischmann, néanmoins, conclut très bien son film.
Une des réussites de La Faille est de jouer longtemps de l’incertitude concernant le
personnage de Ugo dont on ne sait rien : arrêté lors d’une situation
banale, ce qu’on lui reproche est absurde. L’administration qui l’interroge
apparaît comme une machine kafkaïenne qui ne s’arrête pas quand elle est
lancée. Et puis, au cours du film, le doute va naître dans l’esprit du
spectateur.
Le film fait alors se côtoyer un grand duo d’acteurs
(Ugo Tognazzi et Michel Piccoli). Et même un trio, si l’on ajoute Mario Adorf,
dans un registre presque plus burlesque (vers lequel son jeu ramène très
souvent, à l’inverse de Tognazzi, capable de dramatiser son jeu, comme c’est le
cas ici). C’est là l’un des plaisirs de ce film, malgré les moments déceptifs
un peu lents.
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