
Beau film de Max Ophuls qui, même s’il n’a pas le
raffinement et la perfection des plus beaux drames du réalisateur, emplit
l’écran d’une douleur contenue mais très profonde.
C’est que Evelyn, qui sacrifie tout pour quelques
moments avec Georges – et même, plus précisément, pour l’image qu’elle veut que
Georges garde d’elle –, a une dimension de sacrifice qui rejoint Joan Fontaine
dans Lettre d’une inconnue. Et Edwige
Feuillère, pleine d’une douloureuse beauté, évoque bien sûr la Danielle
Darrieux amoureuse de Madame de….
Dans son traitement, le film a même une sécheresse qui
contraste avec la richesse de la mise en scène : Ophuls se fixe d’emblée
sur son personnage, dont l’étincelle de vie est éteinte mais qui, tout à coup,
en retrouvant l’homme qu’elle aime et qu’elle avait perdu, se rallume, la brûle
et emporte tout.
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