vendredi 20 mars 2026

Sans lendemain (M. Ophuls, 1939)





Beau film de Max Ophuls qui, même s’il n’a pas le raffinement et la perfection des plus beaux drames du réalisateur, emplit l’écran d’une douleur contenue mais très profonde.
C’est que Evelyn, qui sacrifie tout pour quelques moments avec Georges – et même, plus précisément, pour l’image qu’elle veut que Georges garde d’elle –, a une dimension de sacrifice qui rejoint Joan Fontaine dans Lettre d’une inconnue. Et Edwige Feuillère, pleine d’une douloureuse beauté, évoque bien sûr la Danielle Darrieux amoureuse de Madame de….
Dans son traitement, le film a même une sécheresse qui contraste avec la richesse de la mise en scène : Ophuls se fixe d’emblée sur son personnage, dont l’étincelle de vie est éteinte mais qui, tout à coup, en retrouvant l’homme qu’elle aime et qu’elle avait perdu, se rallume, la brûle et emporte tout.

 

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