
Le premier film de
Claude Berri est peut-être aussi son plus réussi. Intime, en partie
autobiographique (mais en partie seulement : ceux qui l’ont recueilli et
caché pendant la guerre alors qu’il était enfant n’étaient pas antisémites), il
fait partie de ces beaux films sur l’enfance qui parviennent à saisir à la fois
une époque et à montrer les émotions d’un autre point de vue que celui de
l’adulte.
Si
le jeu d’Alain Cohen est remarquable (il est toujours difficile de bien faire
jouer les jeunes acteurs), on admire comment Berri parvient à rendre touchant
et proche Pépé, ce vieil antisémite pétainiste qui ronchonne. Les scènes où le
jeune Claude le met en boîte sont très drôles. Et, bien sûr, Michel Simon est
admirable, dans un rôle qu’il épouse totalement (comme il épouse tous ses
rôles). Berri multiplie les gros plans pour saisir en plein cadre ce visage
laid et monstrueux avec lequel joue parfaitement l’acteur. Sa truculence, ses
bougonnements et ses manières de vieil homme renvoient non pas à un personnage
en particulier mais à l’image universelle du grand-père, empli de chaleur et de
bonhommie.
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