mardi 30 juin 2026

La Bonne Année (C. Lelouch, 1973)

 



Si le film a une certaine notoriété (il se dit que Kubrick lui-même adorait ce film), il nous semble, quant à nous, assez faible et bien peu convaincant.
L’histoire entre Simon et Françoise est très forcée, avec cette affaire de petite table d’époque achetée et revendue par Simon pour approcher une première fois, l’air de rien, Françoise. Mais l'on a bien du mal à y croire surtotu quand le film jongle entre le jeu de séduction et la préparation du braquage. Voulant jouer sur deux genres et deux registres, Lelouch se perd en chemin et son manque de subtilité, comme souvent, vide le film de toute émotion.
Le mutisme d’ordinaire si efficace de Lino Ventura semble ici un simple silence, sans l’épaisseur que sait si bien lui donner d’ordinaire l’immense acteur. Malgré son amusante partition lorsqu’il est grimé (mais ce n’est pas bien difficile), Ventura n’est pas convaincant en amoureux.
Bien sûr, par-dessus cette double histoire, la lourdeur habituelle de Claude Lelouch n’aide pas. On peut voir comme une ironie l’idée de montrer des détenus siffler le générique de son film à succès, mais en attendant, derrière cette fausse humilité, Lelouch projette, l’air de rien, durant de longues minutes, Un homme et une femme. Voulant se donner un style, Lelouch utilise aussi le jeu entre la couleur et le noir et blanc ou encore à des images mentales très convenues. Décidément, si les films de Lelouch se ressemblent, c’est surtout par l’absence d’émotion qu’ils dégagent bien souvent et par les grosses ficelles faussement légères de la mise en scène.


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