
Film assez peu
convaincant de Joseph Losey, qui s’appuie sur un argument que l’on a du mal à
suivre (un psychiatre décide d’héberger un homme qu’il ne connaît pas et qui a
voulu l’agresser). Dès lors c’est sans surprise que l’on découvre que l’homme
en question (Dirke Bogarde) est plus retors que le médecin veut bien le croire
et qu’il se tourne bientôt vers sa femme.
On
notera néanmoins que le film, avec habileté, glisse d’un personnage à un
autre : si c’est bien le criminel Franck qui est d’abord au cœur du récit,
peu à peu c’est Glenda, la femme du psychiatre, qui prend de l’importance et
donne sa dynamique au récit. Ce n’est pas Franck qui change au contact de la
famille bourgeoise, mais bien Glenda qui se transforme progressivement. De sorte
que, contrairement à ce que le spectateur peut d’abord penser, ce n’est pas au
criminel que le titre fait allusion, mais bien à Glenda, la femme rangée qui
s’émancipe. On comprend mieux, alors, le regard très dur de Joseph Losey sur la
sclérose sociale : non seulement le projet de remettre Franck dans le bon
chemin échoue mais il vient corrompre tout à fait la femme mariée….
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