
Belle réussite
d’Alain Guiraudie qui propose ici un polar gay étonnant. Ici
tout n’est que lumière, soleil, chaleur de l’été. Les nudistes qui vont et
viennent sur la plage, le bleu de l’eau qui reflète le soleil, les buissons
écrasés de soleil : c’est la lumière qui est la grande vedette du film. Conscient
de la force de cet univers lumineux, Guiraudie glisse une scène de meurtre
crépusculaire réussie et une fin (très) ouverte dans le noir le plus complet.
Si la métaphore de Michel qui, par sa nage puissante et rectiligne, fend l’eau
comme un brochet prêt à se jeter sur les autres poissons semble un peu facile, le personnage de Franck, au ceur du récit, est lui parfaitement amené, avec un eforme d'innocence apportée par l'acteur.
Et le film travaille un motif de répétition (avec les jours qui recommencent, les voitures sur le parking qui sont autant d’indices et les personnages qui vont et viennent entre eau, plage et buissons), répétition qui construit une tension, en même temps que Franck oscille entre passion et répulsion.
Et le film travaille un motif de répétition (avec les jours qui recommencent, les voitures sur le parking qui sont autant d’indices et les personnages qui vont et viennent entre eau, plage et buissons), répétition qui construit une tension, en même temps que Franck oscille entre passion et répulsion.
Guiraudie
filme avec crudité les rapports sexuels des homosexuels dans les fourrés mais
il les filme surtout avec humanité et proximité, conscient, là aussi, de ce
qu’il montre et de ce qu’il dit de ces rapports faciles entre amants qui vont
et qui viennent.
Et
les acteurs (dans des compositions pas simples tant la nudité est au cœur des
rôles) sont remarquables, notamment Christophe Paou en assassin ténébreux et
insaisissable.
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