mardi 7 juillet 2026

Le Fils du pendu (Moonrise de F. Borzage, 1948)





Si l’histoire racontée dans Le Fils du pendu est assez banale (et elle est racontée comme tel, sans chercher à jouer d’artifices scénaristiques faussement renversants), Franck Borzage, dont c’est l’un des derniers films, parvient à jouer de sa patte stylistique pour rehausser l’ensemble.
Esthétiquement, Borzage filme l’enfermement d’un personnage, dans les marais, dans des pièces dont la lumière sombre réduit encore l’espace, dans la fête foraine, même, où il est coincé dans la grande roue alors que son délire de persécution l’accable. Jouant de noir et blanc très contrastés et d’un expressionnisme parfois exubérant, on voit que Borzage cherche à dépasser le peu de moyens du film et le faible scénario pour exprimer cinématographiquement la persécution ressentie par Danny Hawkins et son enfermement dans un destin qui le dépasse.
C’est là un des intérêts du film, surtout en regard de Borzage, qui, s’il ne retrouvera pas avec le parlant sa virtuosité folle du muet, n’abandonnera pas pour autant cette capacité à filmer au plus près des personnages, faisant jaillir à l’image leur morale, leurs doutes et leurs failles.



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