
Si l’histoire
racontée dans Le Fils du pendu est assez banale (et elle est racontée
comme tel, sans chercher à jouer d’artifices scénaristiques faussement
renversants), Franck Borzage, dont c’est l’un des derniers films, parvient à
jouer de sa patte stylistique pour rehausser l’ensemble.
Esthétiquement,
Borzage filme l’enfermement d’un personnage, dans les marais, dans des pièces
dont la lumière sombre réduit encore l’espace, dans la fête foraine, même, où
il est coincé dans la grande roue alors que son délire de persécution
l’accable. Jouant de noir et blanc très contrastés et d’un expressionnisme
parfois exubérant, on voit que Borzage cherche à dépasser le peu de moyens du
film et le faible scénario pour exprimer cinématographiquement la persécution
ressentie par Danny Hawkins et son enfermement dans un destin qui le dépasse.
C’est
là un des intérêts du film, surtout en regard de Borzage, qui, s’il ne
retrouvera pas avec le parlant sa virtuosité folle du muet, n’abandonnera pas
pour autant cette capacité à filmer au plus près des personnages, faisant
jaillir à l’image leur morale, leurs doutes et leurs failles.
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