Sur une intrigue originale et qui peut d'abord sembler trop mince,
Alessandro Blasetti construit une trame toute en émotion et en retenue,
s’immisçant dans les mœurs et les pensées rurales. Il peint un monde ancien aux
prises avec un situation nouvelle, brossant une série de portraits avec, au
centre, la fille désemparée qui cherche à amadouer la colère paternelle.
Bien aidé par un Gino Cervi remarquable de justesse, le film devient de
plus en plus touchant à mesure que Paolo se trouve coincé et gêné par l’accueil,
d’abord hostile puis de plus en plus ouvert, de cette famille.
La fin est très belle, avec le père dont les convictions profondes se
fissurent, et la dernière image – lorsque Paolo rentre chez lui – distille,
forcément, un certain doute.
Le goût du cinéma
Blog d'un cinéphile
jeudi 3 avril 2025
Quatre pas dans les nuages (Quattro passi fra le nuvole de A. Blasetti, 1942)
mardi 1 avril 2025
La Traque (S. Leroy, 1975)
samedi 29 mars 2025
La sensibilité à l'art

mercredi 26 mars 2025
Jeff (J. Herman, 1969)

samedi 22 mars 2025
Lumière ! L'aventure continue (T. Frémaux, 2024)
Dans Lumière ! L’aventure continue, Thierry Frémaux, commentant une série de films
des frères Lumière, reprend la même formule que le premier opus. Et, à nouveau,
ces merveilleux films éclatent à l’écran. Et, à nouveau le commentaire juste,
pédagogique et sensible de Frémaux les accompagne.
Et l’on comprend alors, au fur et à
mesure des films qui se succèdent, combien le cinéma est une autre manière de
représenter la vie, combien il est une autre manière de dire ce qu’est la vie
sur terre et combien les frères Lumière ont su inventer un regard.
Frémaux le dit bien : il y a chez
les frères Lumière la patience du plan. Il y a le peuple, la rue, la vie telle
qu’elle se déroule. Ensuite leur génie fut de poser leur caméra là où le monde
peut être saisi en cinquante secondes, pour raconter une histoire, fixer une situation,
un évènement ou un instant. Comme cette démonstration de voltige à
cheval sur fond de château de Prague, d’une beauté folle. Ou ce trottoir
roulant qui avance et emporte les piétons. Ou ce paysan d’Asie qui actionne une
roue à aube. Ou encore ce film où l’on voit des soldats à l’entraînement en
montagne qui avancent sur un chemin en zigzag, traversent un petit pont, s’allongent au
premier plan et tirent. Plan extraordinaire, fluide, tout en profondeur de champ
et dont le cadre est envahi peu à peu, avec évidence et pureté. Un plan
séquence à regarder en boucle nous dit avec justesse Frémaux.
Incroyablement, beaucoup de ces films sont saisissants de modernité (on parle ici de modernité dans le sens cinématographique). On
pense à l’un des films qui montre, pendant toute sa durée, des vagues qui vont
et viennent sur les rochers d’une côte sauvage. On se croirait dans Aguirre avec les Espagnols qui contemplent
longuement les remous du fleuve en furie.
Mais cette modernité s’explique. C’est qu’il
n’y eut plus, après les frères Lumière, pendant longtemps, d’autres frères
Lumière. C’est le cinéma de Méliès qui a tout envahi : un cinéma spectaculaire,
à coup de studios, d’histoires extraordinaires, de trucages, de féerie, de
comédiens. Cette autre manière de faire du cinéma, inventée par Méliès, a
conquis le public. Puis après qu’il a été adoubé comme art et non plus considéré
uniquement comme un simple divertissement de foire (à partir de L’Assassinat du Duc de Guise notamment), ce cinéma a enfanté les grands studios hollywoodiens qui sont se mis à fabriquer du
rêve. Thierry Frémaux nous explique très justement que Méliès enfantera
Fellini. Certes, mais avant, et plus largement, c’est l’industrie des grands
studios qui prendra la suite.
Et les frères Lumière, qui ont formé des
opérateurs et les ont envoyés partout dans le monde, n’ont pas de suiveurs
immédiats chronologiques. Il a fallu attendre cinquante ans pour que le cinéma
retrouve ce regard des frères Lumière, c’est-à-dire qu’il en revienne à leurs fondamentaux :
prendre une caméra et filmer la rue, sans acteurs professionnels, sans studios,
sans histoires autres que celles du quotidien. C’est le cinéma italien de
Rosselini, De Sica ou des premiers Visconti. C’est ce gap de cinquante ans qui
explique l’incroyable modernité des frères Lumière.
Bien entendu des réalisateurs ont su, avant
le néoréalisme, ponctuellement, retrouver cette âme première du cinéma (on
pense à Ozu par exemple), mais il a fallu attendre le cinéma moderne issu du
néoréalisme puis ses descendants pour
retrouver cette manière de faire. Le cinéma moderne, en fait, c’est celui des
frères Lumière, qui est la première façon qu’a eu le cinéma de saisir le monde.
mercredi 19 mars 2025
Assassins et voleurs (S. Guitry, 1956)

lundi 17 mars 2025
Cadet d'eau douce (Steamboat Bill, Jr. de B. Keaton, 1928)

samedi 15 mars 2025
Irma Vep (O. Assayas, 1996)

jeudi 13 mars 2025
Un homme qui me plaît (C. Lelouch, 1969)

lundi 10 mars 2025
Une vie (One Life de J. Hawes, 2023)

jeudi 6 mars 2025
Compartiment tueurs (Costa-Gavras, 1965)

mardi 4 mars 2025
L'Heure d'été (O. Assayas, 2008)

samedi 1 mars 2025
Les Rois du gag (C. Zidi, 1985)

jeudi 27 février 2025
Notre-Dame brûle (J.- J. Annaud, 2022)

lundi 24 février 2025
Le Gang (J. Deray, 1977)

samedi 22 février 2025
IP5 : L'Île aux pachydermes (J.- J. Beineix, 1992)

jeudi 20 février 2025
8 Millimètres (J. Schumacher, 1999)

lundi 17 février 2025
Horizon : Une saga américaine, chapitre 1 (Horizon: An American Saga – Chapter 1 de K. Costner, 2024)

vendredi 14 février 2025
Vivre pour survivre (J.- M. Pallardy, 1984)

Vivre pour survivre est un exemple de film de série Z qui a acquis un certain renom parmi les amateurs de nanards. Il ne s’agit pas, bien entendu, de regarder ce film au premier degré : sa nullité abyssale ne peut être supportée que par un recul au second ou au troisième degré (et encore).
mardi 11 février 2025
Frozen River (C. Hunt, 2008)

samedi 8 février 2025
Splendor (E. Scola, 1989)

mercredi 5 février 2025
Échec au porteur (G. Grangier, 1958)

samedi 1 février 2025
Les Tueurs de San Francisco (Once a Thief de R. Nelson, 1965)

mercredi 29 janvier 2025
Lumière ! L'aventure commence (T. Frémaux, 2016)

lundi 27 janvier 2025
La Gueule de l'autre (P. Tchernia, 1979)

samedi 25 janvier 2025
Boogie Nights (P. T. Anderson, 1997)

mercredi 22 janvier 2025
24 frames (A. Kiarostami, 2017)
lundi 20 janvier 2025
Macadam (M. Blistène, 1946)

vendredi 17 janvier 2025
125 rue Montmartre (G. Grangier, 1959)

mercredi 15 janvier 2025
Margin Call (J. C. Chandor, 2011)

lundi 13 janvier 2025
Le Souffle au coeur (L. Malle, 1971)

vendredi 10 janvier 2025
Le Deuxième acte (Q. Dupieux, 2024)
