samedi 23 mai 2026

1900 (Novecento de B. Bertolucci, 1976)

 



Magnifique fresque de Bernardo Bertolucci d’une étonnante ampleur (et d’une durée considérable, avec plus de cinq heures de film) et que le titre français évoque bien mal (à l’inverse du titre italien, qui embrasse déjà le siècle).
Traversant la grande histoire (en passant en revue des moments clefs et souvent tragiques de l’histoire italienne de la première moitié du siècle), Bertolucci oscille sans cesse entre lyrisme et tragique. Travaillant images, couleurs et compositions, il peint des tableaux, les anime, les ralentit ou les rend frénétiques. Il joue de sa caméra très mobile, fluide, filant aussi bien dans les chambres des nobles que dans les basses-cours misérables. Et s'il traverse la grande histoire, c'est pour la mélanger sans cesse avec la petite, suivant ses personnages au fur et à mesure qu’ils grandissent, vieillissent et meurent.
On regrette que le propos soit un peu caricatural puisque, invariablement, le monde bourgeois est montré décadent et sans pitié quand c’est au paysan que, tout aussi invariablement, va la noblesse d’âme et l’humanité.
Gérard Depardieu est parfait, et l’on est surpris de voir Robert De Niro en fils de noble, lui qui campe souvent des rôles populaires (auxquels son style convient si bien). Mais il met ce qu’il faut de décadent, de pervers et d’ambigu dans son personnage. Et, bien sûr, en fanatique exalté, Donald Sutherland est exceptionnel.


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