samedi 5 septembre 2026

Robert et Robert (C. Lelouch, 1978)

 



Film assez décevant de Claude Lelouch, qui tourne autour de son thème habituel (le couple) en faisant un pas de côté pour aller voir du côté d’une agence matrimoniale. C’est l’occasion pour lui de dresser un double portrait d’hommes et, finalement, de parler d’amitié plutôt que d’amour. Sur un ton de comédie semi-amer, le film glisse parfois vers le glauque, en dressant des portraits de ces solitaires gauches et mal dans leurs peaux. Il y a alors quelques séquences réussies, alors que l’ensemble du film a beaucoup vieilli et que le rythme se perd en chemin, après une première partie qui fonctionne bien.
Et, davantage que Jacques Villeret et Charles Denner (qui surjoue beaucoup trop), c’est Jean-Claude Brialy que l'on apprécie en faiseur de couples, bonimenteur semi-précieux à la tête de son agence. D’ailleurs quand on l’abandonne quelque peu au tiers du film pour se concentrer sur les deux Robert, le film patine et tourne à vide.
On notera une nouvelle fois que Lelouch arrive à placer sa pénible ritournelle «  cha ba da ba da » – en fin de film cette fois –, sous une forme ironique peut-être, mais enfin, il y revient encore.



mardi 1 septembre 2026

Le Casse (H. Verneuil, 1971)

 



Volontaire et empli d’action, le film déçoit surtout en oscillant entre des tons assez peu compatibles ce qui lui ôte toute substance. Il démarre sur un ton sérieux (le casse du titre a lieu et il se veut très professionnel), puis, rapidement, il bascule dans la comédie (et même dans un comique outrancier : quand les jeunes acclament la course-poursuite en voitures) puis il redevient sérieux et sincère puis repart vers le rire. Bref, rien ne va et l’on ne croit plus en rien, ni dans les situations, ni dans les personnages ni en leurs sentiments.
Et si Henri Verneuil ne parvient pas à équilibrer entre eux ces écarts de tons, il n’est pas non plus convaincant dans les moments d’action : il ne sait pas achever sa course-poursuite interminable dont le conclusion est ridicule (on sombre tout à coup dans la comédie navrante) et il rallonge les cascades et autres bagarres, comme pour en faire des marques de fabrique.
Evidemment les personnages sont beaucoup trop dissemblables pour faire partie du même film : le commissaire (Omar Sharif) est ouvertement comique quand les braqueurs (Renato Salvatori et Robert Hossein) sont on ne peut plus sérieux.
Reste, au beau milieu, l’ami Belmondo qui devient Bebel, peut-être bien, sur ce film. Il s’est épaissi, il marche pour la première fois en roulant des mécaniques, on le prend au sérieux (il a moins ce côté juvénile qu’il avait encore dans Borsalino et Les Mariés de l’an II tournés juste avant). Le voilà hâbleur, enjôleur et sûr de lui. Il annonce La Scoumoune, L’Incorrigible, ou L’Alpagueur, qui seront tournés très bientôt et qui finalement, on le sait, emmèneront l’acteur vers une seconde carrière décevante aux rôles répétitifs.