vendredi 18 novembre 2016

Une fonction du cinéma



Un aphorisme célèbre et fondamental :

« Le cinéma substitue à notre regard un monde qui s’accorde à nos désirs ».

Ce mot est attribué à André Bazin par J. L. Godard en ouverture du Mépris. Et il ajoute : « Le Mépris est l’histoire de ce monde ».

En réalité il s'agit d'un curieux détournement puisque cette phrase n'est pas de Bazin (et elle ne correspond d'ailleurs pas du tout à sa pensée) mais de Michel Mourlet qui écrit, dans son article fameux Sur un art ignoré (paru en 1959 dans Les Cahiers du cinéma), « Le cinéma est un regard qui se substitue au nôtre pour nous donner un monde accordé à nos désirs ».
Et cette pensée, pour le coup, correspond tout à fait à la ligne de Mourlet, celle des mac-mahoniens ennemis de la modernité au cinéma. La reprise de cette citation (et son détournement) est donc assez ironique quand on sait que Bazin (et avec lui Godard et sa modernité) s'opposent fondamentalement à la pensée de Mourlet.




Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire