
Film assez terne malgré l’ambition de la réalisatrice
qui nous fait suivre un groupe de lycéens en voyage à Naples. Et l’on constate
une nouvelle fois qu’il est bien difficile de parler d’adolescents et de leurs
problèmes sans verser dans des caricatures (au niveau de leurs pensées, de
leurs manières de parler et de s’apostropher, de leurs rapports aux adultes).
Cela dit l’actrice qui joue le professeur n’est pas très juste elle non
plus : en cherchant à montrer combien son implication pleine d’entrain est
totale, elle surjoue parfois dans des séquences bien peu convaincantes (le topo de géologie en haut du Vésuve par exemple).
Le film tente – peut-être – d’établir une résonance
entre les corps pétrifiés de Pompéi et l’âme insondable et torturée des ados.
Mais il n’y a là rien de bien original, les différents poncifs sont passés en
revue (entre colère contre la famille, homosexualité révélée ou refoulée,
attirances ou déceptions, discussions politiques) et la forme, qui se veut
énergique et scrutatrice (beaucoup de mouvements, beaucoup de plans serrés sur
les visages) est tout à fait dans l’air du temps.
La Gradiva garde beaucoup d’incertitudes (suicide ou
accident ? relation entre la professeur et l’adolescent ?) qui,
nous semble-t-il, bien loin de sonder l’insondable cerveau d’un adolescent
perdu, relève plutôt d'un choix scénaristique bien pratique qui permet
d’éviter des écueils. On est bien loin de réussites – pour évoquer des films
qui parlent d’adolescence – comme Boyhood, Virgin Suicides ou Call Me By Your Name.
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