Adaptation
décevante de Christian-Jaque du chef-d’œuvre de Stendhal. Le film se permet de
démarrer en faisant l’impasse sur le célèbre et magnifique épisode de Waterloo. Et,
un peu plus tard, le film réussit également à passer à côté de l’émotion
merveilleuse de la séquence de la prison, lorsque Fabrice, amoureux de la fille de geôlier, refuse de s’évader. On tient là la substance
du romanesque le plus pur.
Autre déception
avec les acteurs qui sont assez quelconques, même Renée Faure déçoit quelque peu (elle est une Danielle Darrieux assez fade). Il n'y a que Gérard Philippe qui est lui
tout à fait remarquable, transi d’amour et fragile. Mais cela est bien peu pour
sauver le film qui devient très long et assez poussif.

Si la dénonciation féroce des
conditions de vie des marins semble un peu forcée, en revanche l’opposition
entre les personnages est réussie, avec d’un côté Howard Da Silva, remarquable
en capitaine sans pitié (mais aussi sans sadisme : il applique juste avec
une implacable rigueur les us et coutumes des mers) et, de l’autre, les marins,
dont plusieurs portraits sont brossés, donnant un ensemble assez riche.
Le
film, alors, dépasse le simple film à thèse (bien qu’il s’organise autour d’une
dénonciation qui a effectivement changé la vie à bord) et multiplie les angles
de vue et de tension. On regrette juste la présence un peu artificielle et
gratuite de la jolie passagère qui vient mettre un ton de romance dans quelques
séquences, sans que cela n’apporte rien.