lundi 18 mars 2024

Pagine chiuse (G. Da Campo, 1969)





Beau film que ce moment de la vie d’un adolescent délaissé par ses parents et coincé dans un orphelinat.
On peut trouver une certaine distance ou une certaine froideur dans le traitement du sujet par le réalisateur. Mais, en réalité – et nous avons déjà eu l’occasion de le dire – Gianni Da Campo a la belle vertu de la neutralité, vertu si rare et si chère qu’elle nous fait regarder ce film avec une sérénité rare : celle qui nous laisse seul juge de ce que l’écran expose.



samedi 16 mars 2024

Les Cruels (I crudeli de S. Corbucci, 1967)

 



Dans ce western spaghetti de bonne facture (ce qui n’est pas si courant), Sergio Corbucci, après son légendaire Django, trimballe à nouveau un cercueil dans l’Ouest américain, sur fond de réconciliation à la fin de la guerre de Sécession.
Il s’ingénie à faire subir à son petit groupe de personnages un parcours qui n’en finit pas : l’armée, le shérif, le prêtre, l’enterrement, les bandits, les Indiens, tout y passe pour venir contrecarrer l’ambitieux projet du colonel Jonas.

Il faut dire que ce colonel (impeccable Joseph Cotten), père de famille qui mène le groupe, s’accroche à un idéal auquel il croit jusqu’au bout. Et s’il est sans pitié pour qui se met en travers de sa route, c’est là un personnage rare dans ces westerns sans foi ni loi où l’immoralité, la cupidité et le cynisme raflent le plus souvent la mise. Ici Jonas est de bonne foi et reste intransigeant, quand bien même son combat est vain (voler de l’or pour réarmer le Sud et repartir au combat).




mercredi 13 mars 2024

Le Jour du fléau (The Day of the Locust de J. Schlesinger, 1975)

 



Film sur les difficiles à-côtés d’Hollywood, les espoirs et les dérives qu’il entraine, Le Jour du fléau sort du lot et intrigue. Mais le film est un peu décevant malgré une séquence finale – le bain de foule qui dérive en bain de sang – remarquable.
La générosité et la simplicité ne permettent guère de percer mais, on le sait, derrière les ambitions, la réalité est très cruelle. Le film a des allures de miroir déformant et boursouflé : Le Jour du fléau est chaotique et outrancier, un peu bancal et étrange. Et, surtout, il est hanté par des personnages perdus, irradiés par cette Babylone moderne qui avale et détruit ceux qui s’y frottent.




lundi 11 mars 2024

Les Durs (Uomini duri de D. Tessari, 1974)

 



Polar peu convaincant de Duccio Tessari, qui embarque un prêtre et un inspecteur de police dans la recherche d’un meurtrier. Situer l’intrigue à Chicago, y associer Isaac Hayes et Lino Ventura et s’amuser à faire circuler ce dernier à bicyclette au milieu des grosses cylindrées américaines sont les originalités du film qui, par ailleurs, reste très classique.
Et si l’on est surpris un instant de voir l’ami Lino en prêtre, on est vite rassuré : il ne prêche guère mais cogne dur tout au long de l’enquête.




samedi 9 mars 2024

Zazie dans le métro (L. Malle, 1960)

 

    

Cette adaptation de Louis Malle du fameux roman de Raymond Queneau, si elle propose de bonnes séquences, peine pourtant à convaincre. Malgré toute son inventivité, le film reste sur un registre burlesque très superficiel.
Louis Malle, pourtant, s’en donne à cœur, joie, jouant de mille artifices cinématographiques pour donner une frénésie à ce week-end parisien (montage dissonant, accélérations, plans débullés, acteurs multi rôles, incongruités diverses). Le burlesque est décidément un genre bien difficile à appréhender.
Philippe Noiret, avec son air débonnaire trop surjoué, n’aide pas à contrebalancer l’énergie de la petite Catherine Demongeot qui fait ce qu’elle peut (mais en fait trop) en s’agitant dans tous les sens.

 


mercredi 6 mars 2024

La Métamorphose des cloportes (P. Granier-Deferre, 1965)

 



Entre polar et comédie, le film joue de la prestance et du jeu de Lino Ventura qui peut s’en donner à cœur joie dans cette histoire d’un taulard balancé qui vient régler ses comptes.
Partant d’une histoire très classique, Pierre Granier-Defferre, épaulé par Audiard qui cisèle joliment les dialogues et par des seconds rôles savoureux, fait ce qu’il peut.
Mais la mayonnaise, décidément, n’est pas facile à faire prendre : il manque un je ne sais quoi pour que le film, de plaisant, devienne jouissif ; pour qu’il sorte de son classicisme et emporte tout à fait. L'image finale, néanmoins, est très réussie.

 

 


lundi 4 mars 2024

L'Honneur des Prizzi (Prizzi's Honor de J. Huston, 1985)





Film assez décevant de John Huston, notamment parce que le rythme autant que le ton ne semblent pas complètement maitrisés. Le film oscille en effet entre premier et second degré (avec des personnages parfois caricaturaux) et entre des moments tantôt légers et emplis de dérision et tantôt lourds et dramatiques, tant et si bien que le film se perd.
L’idée était pourtant bonne de centrer l’histoire sur un personnage pas très malin et sans charisme (tenu par Jack Nicholson) qui forme bientôt un couple improbable (et peu crédible pour le coup) avec la jolie Kathleen Turner. Mais la sauce ne prend pas, le film peine à passionner, à cause de ces fautes de rythme, de ton et de personnages peu épais.
Cela dit Huston parvient à montrer combien ce monde de la mafia sans pitié est un panier de crabes qui pincent à tout va. Mais il faut dire que le genre est encombré par des références très lourdes (Le Parrain) qui handicapent. Pourtant Scorsese (dans Les Affranchis) ou même Abel Ferrara (avec Nos funérailles) sauront filmer cet univers, chacun à sa manière (et même si le film de Scorsese est très au-dessus celui de Ferrara, ce dernier est réussi).
La médiocrité de cet avant-dernier film de Huston surprend tant Les Gens de Dublin, son ultime réalisation, venant deux ans plus tard, est un chef-d’œuvre.