
Surprenant film
italien de Mauro Bolognini qui aborde de front la question compliquée de
l’impuissance et du manque de virilité.
Une
grande habileté du film (et un de ses grands intérêts) est que c’est le grand
Marcello qui campe ce rôle ingrat. On s’amusera d’ailleurs de voir combien
Mastroianni n’aura de cesse de briser l’image mythique que lui a immédiatement donné La Dolce Vita, que ce soit dans Divorce à l’italienne ou chez Boorman (dans Leo the Last) en aristorcrate perdu et exalté. Ici le voilà en impuissant incapable d’honorer sa femme (Claudia
Cardinale, excusez du peu).
L’impuissance
d’Antonio ne se révèle que lorsqu’il veut faire l’amour à une femme qu’il aime :
il ne peut plus faire l’amour avec des sentiments. Bolognini créé une distance
entre Antonio et les femmes qui se déclarent, et le voici qui prend des temps
de recul, se regarde dans une glace, se réfugie dans les livres, cherche l’évitement.
Le film donne ainsi au cas d’Antonio et à son rapport au monde (et aux femmes)
une dimension métaphorique, celle d'une jeunesse déçue et à demi-corrompue, dans
une Sicile désenchantée.
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