
Volontaire et
empli d’action, le film déçoit surtout en oscillant entre des tons assez peu
compatibles ce qui lui ôte toute substance. Il démarre sur un ton sérieux (le
casse du titre a lieu et il se veut très professionnel), puis, rapidement, il bascule
dans la comédie (et même dans un comique outrancier : quand les jeunes
acclament la course-poursuite en voitures) puis il redevient sérieux et sincère
puis repart vers le rire. Bref, rien ne va et l’on ne croit plus en rien, ni dans
les situations, ni dans les personnages ni en leurs sentiments.
Et
si Henri Verneuil ne parvient pas à équilibrer entre eux ces écarts de tons, il
n’est pas non plus convaincant dans les moments d’action : il ne sait pas
achever sa course-poursuite interminable dont le conclusion est ridicule (on
sombre tout à coup dans la comédie navrante) et il rallonge les cascades et autres
bagarres, comme pour en faire des marques de fabrique.
Evidemment
les personnages sont beaucoup trop dissemblables pour faire partie du même
film : le commissaire (Omar Sharif) est ouvertement comique quand les
braqueurs (Renato Salvatori et Robert Hossein) sont on ne peut plus sérieux.
Reste,
au beau milieu, l’ami Belmondo qui devient Bebel, peut-être bien, sur ce film. Il
s’est épaissi, il marche pour la première fois en roulant des mécaniques, on le
prend au sérieux (il a moins ce côté juvénile qu’il avait encore dans Borsalino
et Les Mariés de l’an II tournés juste avant). Le voilà hâbleur,
enjôleur et sûr de lui. Il annonce La Scoumoune, L’Incorrigible, ou
L’Alpagueur, qui seront tournés très bientôt et qui finalement, on le
sait, emmèneront l’acteur vers une seconde carrière décevante aux rôles répétitifs.
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