
Pour la première fois seul derrière la caméra, Gustave
Kervern semble bien orphelin de Benoît Delépine. Alors que, bien souvent, le
duo parvenait à brosser des portraits de paumés cherchant à se débattre, dessinant une
France volontiers oubliée et déclassée, Kervern change tout à fait de
focale et, derrière le faux exotisme de l'île Maurice, reprend finalement un axe de vue très conventionnel
et sans surprise (une fille anorexique en vacances qui se rapproche d’un
Mauricien plein d’espoir). La rencontre est convenue, le couple de parents ne
surprend pas, rien ne vient troubler le spectateur dans ce film qui se déroule
très (trop) tranquillement. La sauce ne prend pas (malgré des tentatives de jouer avec la caméra qui ne sont guère convaincantes) et ce qui faisait la saveur
des films du duo est ici oubliée. Et ce ne sont pas les cadrages qui se veulent originaux ou une bande originale souvent tonitruante qui parviennent à provoquer une quelconque dissonance.
Délaissant l’ironie, les
scènes incongrues ou les moments étranges, Kervern semble complètement
dévitalisé dans ce film décevant qui se veut une dénonciation de la situation de l'île Maurice et, à travers elle, qui ambitionne de brosser un panorama de la situation dans le monde, dixit Kervern lui-même. Mais, au fond, c'est peut-être cette étrange ambition qui éreinte le film et fait de Voila, c'est fini un premier film en solo raté.
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