
Après le triomphe de Cyrano, Jean-Paul Rappeneau adapte Giono
et plonge à nouveau dans le film d’époque en costumes. Las, bien loin de la
verve de Cyrano, malgré son application, malgré sa volonté de réalisme (les séquences
dans les villages, dans les centres de quarantaines), il manque au Hussard sur le toit un souffle épique, quelque
chose qui sorte de l’écran et emporte le spectateur.
Malgré de bonnes séquences et
quelques bons jeux visuels (la très belle ellipse finale qui démarre sur le
gros plan du regard d’Angelo lorsqu’il voit accourir le mari de Pauline), tout
cela manque de saveur. La faute à une réalisation qui manque de force et,
surtout, à des acteurs trop quelconques, depuis Olivier Martinez peu
convaincant (il dit ses tirades parfois comme au théâtre) jusqu’à Juliette
Binoche tout à fait insipide, en passant par Jean Yanne qui est étonnamment
mauvais dans ce film. Sa composition contraste même violemment avec celle, très
bonne pour le coup, de Pierre Arditi (mais qui n’est présent que dans un petit
rôle) : les deux personnages ne peuvent, en fait faire partie du même
film, ou disons que leur cohabitation, dans un même film, montre que quelque
chose cloche, que le ton n’y est pas.
On notera aussi le court passage –
amusant et génial – de l’ami Depardieu, qui n’est même pas crédité au
générique.